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look on the universe
Prenez une boussole, que vous placez sur une table. Agitez alors un aimant sous la table : l’aiguille de la boussole sera déviée sans que l’on ne puisse voir d’où provient l’agitation.
Si on demande à quelqu’un de nous dire ce qu’il voit, il dira qu’il voit une aiguille dévier et que la cause en est invisible et inconnue.

En cosmologie aussi, on observe certains phénomènes dont l’origine est invisible et inconnue. Ainsi, dans les années 1930, on a observé que les galaxies tournent beaucoup trop vite les unes autour des autres pour que le mouvement soit stable. Quarante ans plus tard, on a remarqué que la rotation d’une seule galaxie sur elle-même présentait la même « anomalie » : une vitesse de rotation beaucoup trop importante par rapport à ce que l’on avait prédit par le calcul.

Ces anomalies ne pouvaient s’expliquer que par une source de gravitation 5 fois plus importante que ce qu’on ne voyait : on s’est alors dit qu’il y avait une source invisible de gravitation quelque part : une structure ou une force emprisonnant les étoiles et les galaxies dans son maillage et qui faisait en sorte que toutes les étoiles et galaxies pouvaient tourner ensembles plus vite.

Cette gravitation invisible a été baptisée « matière noire », même si on ne sait pas encore s’il s’agisse de « matière » au sens habituel du terme.

On sait simplement que si la matière noire est une matière, alors elle n’est pas comme la matière matière baryonique (la matière « normale ») : la matière noire n’interagit ni avec elle-même, ni avec la lumière : des quatres forces élémentaires, seule la gravité semble agir sur la matière noire.

On sait aujourd’hui que la matière noire compte pour environ 85 % de la gravitation de l’univers. Les 15 % restants sont dues à la matière baryonique, la matière normale. Et c’est tout ce que l’on sait : 85 % de la gravitation est de source inconnue. On sait que c’est là, quelque part, car on en observe les effets, mais on ne sait pas comment, ni quoi.

Une autre hypothèse toute aussi fascinante et parfois rencontrée attribue les effets de la matière noire aux interactions à distance de notre univers avec un univers parallèle.
La matière noire serait alors la manifestation gravitationnelle de la part d’un autre univers, à côté du notre. Elle pourrait donc également être une preuve indirecte de l’existence d’autres univers.
Cette hypothèse est moins soutenue que celle d’une matière noire, mais elle ne peut pas être exclue pour le moment, étant donnée que nous n’avons pas le moindre indice qui nous permette de prouver l’une des théories plus que l’autre.

Références

image de H. Raab

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C’est sûrement le théorème de géométrie le plus connu (on l’apprend au collège), mais savez-vous le démontrer ?

Le nombre de ses démonstrations (mathématiques et/ou géométriques) ne manquent pas, mais celle que je vais vous présenter ici me semble la plus simple à apprendre : c’est la démonstration par la soustraction des aires.

Elle est en effet très courte et on a seulement besoin des identités remarquables et de la formule de l’air d’un triangle rectangle :

démonstration du théorème de pythagore
Dans le principe, on remarque simplement que le grand carré extérieur est formé de quatre triangles rectangles identiques et du carré centrale. Ensuite, on simplifie et on fait en sorte de trouver la formule de Pythagore.


Édit : comme Arzhurb me fait remarquer dans les commentaires, il faut montrer que le quadrilatère central (en blanc) est un carré.

Le quadrilatère est un losange : ses côtés sont tous d’égales longueur, par construction.
Il reste à montrer qu’il est un carré : il suffit de montrer qu’un des angles est droit.

En prenant un des côtés du grand carré extérieur (carré par construction) comme un angle de 180°, on peut le décomposer en trois angles : le petit angle d’un triangle, le grand angle d’un triangle et enfin l’angle d’un quadrilatère. Or, on sait que la somme des angles d’un triangle est de 180°. En retirant l’angle droit — les triangles étant rectangles — il reste 90°. Ceci correspond à la somme des deux autres angles — le petit et le grand restant. L’angle du quadrilatère de côté C vaut donc 180° – 90° = 90°.

Le losange est alors droit : il s’agit bien d’un carré.

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Alors qu’on ne sait toujours pas si les ondes des téléphones mobiles sont dangereuses, on peut prendre un petit moment pour voir quelles sont les ondes artificielles auxquelles nous sommes soumis.

Évidemment, il ne faut prendre en compte ici que les ondes électromagnétiques. La lumière (visible) fait partie de ces ondes, mais elle est justement visible parce qu’elle ne nous traverse pas d’un seul trait.
Il conviendra donc de réduire la liste à ce qui est soit largement plus énergétique que le visible (rayon gamma, rayons X) soit beaucoup moins énergétique : les ondes dites « radio ».

les ondes électromagnétiques
Les différents domaines spectraux des ondes électromagnétiques (source)

Ondes pour la radio, la télé et la téléphonie

Ces ondes sont pour la transmission grande distance. Elles doivent donc être émises avec une forte puissance depuis la source.

Ondes pour la radio

  • Radio AM (0,15 à 26 MHz) : utilisée et existant depuis longtemps mais toujours en service. Ces ondes vont parfois très loin (plusieurs milliers de kilomètres) car rebondissent sur l’ionosphère.
  • Radio FM (87,5 – 108 MHz) : plus récent que la AM, et éliminant les défauts de cette dernière.

Ondes pour la télé

  • Télévision hertzienne (50 – 215 MHz) : elle n’est plus d’actualité en France, où les signaux dits « hertziens » ne sont plus émis.
  • Télévision numérique terrestre (même bandes que la TV hertzienne) : la différence entre les deux est juste l’encodage de l’information sur les ondes.
  • Télévision par satellite (4 – 8 GHz et 12 – 18 GHz) : utilisé par les satellites pour envoyer le signal TV jusqu’aux paraboles.

Ondes pour le téléphone

  • GSM/2G/3G (0,85 – 1,9 GHz) : utilisée par les téléphones, y compris pour les connexions de données. Cette bande est divisée entre les opérateurs.
  • 4G (0,8 MHz et 2,6 GHz) : elle élargie un peu la bande GSM. La 4G est utilisé pour des connexions de données encore plus rapides que ce que permet la 3G et donc le GSM.

Wi-Fi, Bluetooth, téléphone sans fil

Ces ondes assurent des transmissions de données sur des distances courtes : quelques dizaines de mètres.

  • Wi-Fi (2,4 GHz, 5 GHz, 6 GHz pour le Wi-Fi ac) : utilisée pour la communication entre ordinateurs, appareils mobiles.
  • WiMAX (2 à 66 GHz) : ces bandes sont utilisées pour la connexion Wi-Fi à plus grand distance, de quelques centaines de mètres à plusieurs dizaines de kilomètre.
  • Bluetooth (2,4 GHz) : utilisée comme pour le Wi-Fi, sauf que la connexion n’est en pratique pas permanente : on l’active le temps d’un transfert ou le temps d’une utilisation (casque audio…).
  • Les téléphones fixes sans fil (1,9 GHz) : ce sont des téléphones fixes dont le combiné communique par onde radio avec la station.

NFC et RFID, Infrarouge

Ces ondes sont utilisées pour des transferts de données ou des actions de courtes durées et pour des quantités de données assez faibles (le transfert n’est pas assez rapide).

  • Communication en champ proche (NFC) et RFID (13,56 MHz) : utilisé pour les cartes à puces et par certains téléphones pour communiquer avec un lecteur. Ce principe utilise l’induction électrique dans la puce NFC pour être alimentée.
  • Infrarouge (320 THz) : cela reste une communication sans fils par ondes électromagnétiques. Elle est utilisée pour les télécommandes de TV ou pour échanger des données (la Game Boy Color avait ça, certains téléphones et quelques ordinateurs aussi).

Le GPS

  • GPS (1,575 GHz et 1,227 GHz) : ces signaux sont émis par une constellation d’une trentaine de satellites basse orbite et captés par les appareils. C’est une communication à sens unique. Il y a aussi désormais les systèmes concurrents du GPS : Galileo, Glonass et Beidu respectivement européen, russe et chinois.

Communications diverses

  • Radar (marin, militaire, météo) : il y a beaucoup de bandes de fréquences pour les radars, allant de 3 MHz à 300 GHz.
  • CB (citizen band) : utilisée par les particuliers pour communiquer sur plusieurs kilomètres, utilisant la bande des 27 MHz.
  • Talkie-walkie : ils utilisent une bande de fréquences sur 433 MHz.
  • TETRA : ce sont les talkie-walkie utilisé par le secteur privé ou professionnel. Ils utilisent la bande de 380 MHz – 400 MHz. La Police Nationale utilise ainsi le réseau ACROPOL sur ces ondes là.
  • toute les communications diverses, sur ondes courtes ou longues : communication aérienne, marine, spatiale ou médicale, communications satellitaire, détecteur ARVA, communication pour amplificateur auditif…

Autres sources de rayonnements artificiel

  • Tous les appareils électriques émettent des ondes électromagnétiques. Un fil électrique traversé par un courant de 50 Hz émet une onde de 50 Hz également. Les lignes hautes tensions et surtout les lignes très haute tension émettent un fort champ électromagnétique qui peut être détecté à plusieurs centaines de mètres.
  • Les écran cathodiques émettent également un fort rayonnement (du fait des circuits internes à haut voltage utilisé)
  • Les appareils à photographies à rayon-X : ces rayons sont beaucoup plus forts et énergétiques mais l’exposition n’est jamais prolongée (d’où leur caractère inoffensif).

Vous voyez que la liste est loin d’être courte (et encore il doit encore manquer des choses) : toutes ces ondes sont là, autour, sur et dans nous.
La plupart sont totalement inoffensives : les ondes radio de grande longueur d’onde sont peu énergétiques, beaucoup trop peu pour interagir avec la plupart des matériaux ; seuls les métaux sont affectés : c’est pour ça que les antennes radio sont systématiquement en métal.

Les ondes de fréquence de l’ordre du gigahertz (Wi-fi, GSM…) sont les mêmes que le micro-onde. À haute dose et à très forte puissance, ils font vibrer certaines molécules. Dans un four à micro-ondes cependant, on parle de doses suffisantes pour faire fond du plastique ou étinceler du métal : c’est à des ordres de magnitude au dessus de la puissance d’un téléphone.

De toutes ces ondes, aucune n’est ionisante. Rester 1 minute sous un soleil d’été sans écran UV est donc plus dangereux que rester 24 heures à côté d’un téléphone.

Plus sur le sujet, de la part d’un pharmacien (plus habilité à parler de problèmes de santé que moi, donc) : Faut-il avoir peur des ondes ?

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timelapse lumière route
Depuis Einstein, on sait qu’on ne peut aller plus vite que la lumière dans le vide. Il existe pourtant quelques situations où une vitesse supérieure à cette de la lumière est possible.

On ne va pas pour autant casser toute la physique : ces vitesses sont en fait des vitesses « virtuelles » ou « apparentes », ou sans transport de matière, mais il n’est pas aberrant de se retrouver avec un calcul donnant une vitesse supérieure à celle de la lumière dans le vide.

Cas où la vitesse de la lumière est réduite

Le cas le plus simple : on ralentit la lumière. C’est alors comme si une 2CV roulant à 40 km/h dépasse une Formule 1 roulant au pas.

Quand on dit la vitesse de la lumière infranchissable, c’est de la vitesse de la lumière dans le vide que l’on parle. Dans l’eau ou le verre, la lumière se propage moins vite.
Il est alors possible qu’une particule aille plus vite que la lumière dans ce milieu.
Pour l’eau, on a alors la situation suivante :

$$\mathcal{V}_{\text{lumiere}_{eau}} \lt \mathcal{V}_{\text{particule}_{eau}} \lt \mathcal{c} $$

Où $\mathcal{c}$ est évidemment la vitesse de la lumière dans le vide.

Cette situation, où une particule se déplace plus vite que la lumière dans un milieu transparent, c’est l’effet Tcherenkov.
Et quand la particule est chargée électriquement, le déplacement de charge produit alors une onde électromagnétique. La production de cette onde étant plus rapide que le déplacement de la même onde, on a un sorte de « mur du son » pour la lumière et la production d’un flash.

Ce genre de choses est par exemple ce qui donne la lueur bleue à la piscine d’une centrale nucléaire en fonctionnement.

Vitesse apparente

Ce n’est pas vraiment une vitesse au sens d’un déplacement dans l’espace, mais c’est une vitesse au sens où sa position par rapport à l’observateur change.
Ainsi, bien que la Terre tourne autour du Soleil, quand on observe le ciel c’est le Soleil qui se déplace : notre étoile effectue donc un déplacement apparent dans le ciel (à raison d’un tour d’horizon par jour).

Si l’on prend une étoile plus éloignée, comme Proxima Centauri située à quatre années-lumière, on la voit toujours effectuer un tour du ciel par jour.
Dans notre référentiel, l’étoile parcourt donc un cercle de 4 années lumière en un jour, ce qui correspond à 9 265 fois la vitesse de la lumière.

Cette vitesse est juste une vitesse apparente de déplacement : en réalité l’étoile ne se déplace pas à cette vitesse et c’est bien la Terre qui tourne, mais on peut tout à fait la noter quand-même.

Vitesse de phase d’une onde

Quand une onde se déplace, on distingue plusieurs vitesses. Sur les ondes superposées, on distingue ainsi la vitesse de groupe et la vitesse de phase : la première correspond à la vitesse de déplacement de l’onde dans l’espace. C’est elle qui correspond à la vitesse de propagation matérielle de l’énergie. La seconde est la vitesse à laquelle les oscillations avancent sur l’onde. Elle ne correspond à rien de matérielle, mais elle est là quand-même.

On peut le voir sur cette animation : la double flèche bleue correspond à la vitesse de groupe et donc de propagation de l’énergie, et la flèche verte correspond à la vitesse de phase, donc des « pics » de l’oscillation :

vitesse de phase et vitesse de groupe d’une onde
(Si l’image n’est pas animée, cliquez ici)

Dans le cas présent, les deux vitesses sont bien différentes et la vitesse de phase est plus rapide que la vitesse de groupe.

La limite fixée par la relativité concerne le déplacement d’énergie, et donc la vitesse de groupe de l’onde. La phase d’une onde ne transportant rien de matériel, et en particulier d’énergie, elle peut donc tout à fait aller plus vite que la lumière dans le vide sans casser toute la physique.

Vitesses due à l’expansion de l’univers

L’univers est en expansion accélérée. Cela signifie que l’espace-temps et la métrique se dilatent. Un peu comme un élastique gradué que l’on étire et sur lequel les graduations s’étirent.
Si deux fourmis marchent sur cet élastique, et que l’on l’étire assez vite, alors les fourmis s’éloigneront l’une de l’autre même en marchent l’une vers l’autre.

Pour l’espace, on peut imaginer quelque chose de similaire : si on prend deux astres suffisamment éloignés, alors leur éloignement dû à l’expansion de l’univers est plus rapide que la vitesse de la lumière dans le vide.

Cette expansion est bien réelle, et cette vitesse également. Néanmoins, il faut tenir compte du fait que c’est l’espace lui-même qui s’étire et tout son contenu avec, donc aussi sa métrique ! Un mètre-ruban mesurera toujours un mètre : si l’espace s’étire, le mètre aussi.

Ainsi, pour en revenir à nos astres, s’ils s’éloignent, on ne peut pas comparer leur éloignement comme on le fait : les mesures de vitesses comme on le fait ne sont plus applicables. La limite imposée par la vitesse de la lumière n’est donc toujours pas « cassée » non-plus.

image d’Adam

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pokemon triangle grasse fire water
Tout le monde le sait, l’eau éteint le feu ! Et ceci depuis bien avant les Pokémon (car après tout il n’ont rien inventé, hein, sauf peut-être le héros que ça fait 14 ans qu’il 10 ans)… Mais ce qu’on est souvent incapable d’expliquer c’est comment et pourquoi ?

Vous allez voir que la nature a comme d’habitude plus d’un tour dans son sac et que ce phénomène très commun est comme d’habitude rempli de beaucoup de science !

L’eau est composée d’hydrogène, un gaz normalement explosif ; et d’oxygène, un gaz comburant. Notons cependant que la molécule d’eau elle-même possède des propriétés physico-chimiques propres et que c’est une molécule suffisamment stable pour ne pas réagir à la chaleur du feu.

Concernant l’extinction du feu par l’eau, il y a deux phénomènes qui entrent en jeu.

Pour le premier, je ne vous apprendrai rien en disant que le feu c’est chaud. Ceci vient de la libération de chaleur par la combustion elle même. Dans une flamme, la chaleur produite permet à la combustion de s’entretenir et de perdurer. Si l’on retirait la chaleur d’un feu, celle-ci s’éteindrait.

C’est là que l’eau intervient : l’eau absorbe la chaleur. En fait, l’eau est capable d’absorber beaucoup de chaleur : cinq fois plus que de la brique (3 L d’eau froide absorbent environ 1 mégajoule pour atteindre 100°C, et ensuite plus de 6 mégajoule pour se vaporiser entièrement) !

Vous l’aurez alors peut-être compris : lorsqu’on arrose de l’eau sur le feu, elle va absorber toute la chaleur du feu et ce dernier va s’éteindre.

Le second phénomène est utilisé pour les feux plus importants.
Le feu ne peut avoir lieu sans oxygène (un comburant). En arrosant le feu, l’eau va chauffer et se vaporiser. La vapeur d’eau prend alors jusqu’à 2000 fois plus de place que lorsqu’il est liquide ! Elle va donc se détendre et prendre toute la place autour du feu, repoussant l’air et son oxygène (c’est également le principe des extincteurs à CO2 : le dioxyde de carbone chasse l’oxygène).
Et sans oxygène, je me répète, le feu s’éteint : il est étouffé.

Il faut cependant continuer à arroser (et refroidir les braises, utilisant l’absorption de la chaleur par l’eau) : si la vapeur d’eau est soufflée par le vent, de l’air revient et le feu peut reprendre de plus belle s’il les braises sont encore assez chaudes.

Pour conclure, souvenez-vous que ce sont ces deux effets : l’absorption de la chaleur par l’eau et l’étouffement du feu par la vapeur, qui combinés, sont responsables de l’extinction du feu par l’eau.

Si vous connaissez le triangle du feu, vous remarquez que l’eau arrive à bloquer deux des trois éléments nécessaires à un incendie : l’oxygène et la source de chaleur.

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Si votre chargeur d’ordinateur portable (ou de disque dur externe ou un autre appareil électrique sans pile) dispose d’un témoin d’alimentation (une DEL), alors vous pouvez faire l’expérience suivante :

  • Premièrement, débranchez le chargeur de l’ordinateur ;
  • Ensuite débranchez le chargeur de la prise murale ;
  • Observez enfin que la DEL reste allumée quelques instants (parfois 10~20 secondes), même totalement débranché !

led allumée d’un chargeur débranché
Comment est-ce possible ?

Il ne s’agit pas de magie ni d’énergie libre, mais de science : pour faire court on dira qu’il reste un peu d’électricité dans le bloc d’alimentation.

Dans ce genre de bloc d'alimentation, le courant alternatif du secteur est transformé en courant continu basse tension (de 12 volts sur le mien).
Deux étapes sont nécessaires : abaisser la tension pour passer du 230 V à 12 V et transformer le courant alternatif en courant continu.

La seconde étape est elle même divisée en deux sous-étapes : le courant est d’abord redressé avec un pont à diodes, puis le signal est lissé pour être continu et pratiquement constant.

Notre histoire de la DEL prend sa source lors du lissage : pour que le courant soit bien lisse (bien constant), l’on utilise un gros condensateur, qui agit ici comme une roue à inertie ou le réservoir d’un barrage d’eau : il permet de réguler le courant, la même tension à ses bornes.
Par son principe de fonctionnement, le condensateur électrique emmagasine des charges électriques.

Or, quand on débranche le bloc chargeur, le condensateur est encore chargé et il continue de délivrer un peu d’électricité dans le circuit électrique du bloc, y compris dans la DEL, qui continue alors de briller même si tout est débranché.

(Pour info : d’après cette page, un bloc d’alimentation proposant du 12 V et 3,4 A aurait un condensateur dont la capacité est de l’ordre de 30 millifarad, ce qui est énorme : le Farad est une unité très grande, et on utilise en général des condensateurs de l’ordre du micro- ou du nano- et même du picofarad. Pas étonnant donc, que la DEL reste allumée si longtemps !)

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pendule de newton humoristique
Parfois, certaines expériences physiques ont un dénouement qui ne suit pas l’intuition ou la logique.
Parfois même le résultat est exactement le contraire de l’idée que l’on veut faire passer : c’est le cas par exemple du radiomètre de Crookes, ce sorte d’éolienne à lumière avec les pales teintes en noir d’un côté et brillantes de l’autre, placé dans un vide partiel. Crookes voulu démontrer que la lumière pouvait pousser les pales blanches et non les pales noirs (le noir absorbant la lumière et le blanc la repoussant) : son expérience montra pourtant le contraire, car aussitôt éclairé le petit moulin se mit à tourner dans le sens opposé à ce qu’il avait prédit ! Il dut alors revoir ses théories…

Ci dessous, quelques autres de ces expériences aux résultats qui peuvent sembler dénués de toute logique, mais qui ne peuvent cependant être remis en cause : l’expérience montre la réalité des faits par définition, et on ne peut pas changer les faits.

Les pendules couplés


deux pendules couplés


Tendez légèrement un fil entre deux supports. Accrochez à ce fil deux autre fils avec chacun une bille au bout. Mettez une des billes en mouvement et observez : vous verrez que le premier pendule va finir par ralentir alors que le second qui était à l’arrêt va se mettre en mouvement.
Cette inversion va se répéter indéfiniment.

Pourquoi ?
Les deux pendules ne sont ici pas indépendants : ils sont couplés par le bout de fil qui relie les deux pendules. C’est lui est important ici, et il joue un peu comme le troisième pendule de l’histoire, qui va rythmer l’inversion du mouvement des deux autres.

Physiquement, les oscillations augmentant d’un côté et s’affaiblissant de l’autre montrent une conservation de l’énergie mécanique sur les deux pendules : l’énergie passe de l’un à l’autre de façon à ce que le total soit toujours constant.
L’alternance dans les oscillations et de la mise à l’arrêt d’un pendule traduit le fait que le transfert d’énergie est lui même oscillant : l’énergie est bien conservée, mais passe d’un pendule à l’autre et revient.

D’un point de vu plus théorique, les équations régissant les oscillations sont ici des équations différentielles du second ordre, ce qui signifie que le balancement d’un des pendules dépend des variations dans le balancement du second (et non plus seulement du balancement). De plus, cette variation se faisant en sens inverse, on explique alors que le second pendule et à son maximum d’amplitude quand le premier est à l’arrêt, et inversement.
Les solutions de ces équations différentielles du second ordre sont des fonctions sinusoïdales alternatives. Ceci explique le fait que le transfert d’énergie se fait dans un sens puis dans l’autre alternativement.

L’agitation de particules


billes rebondissent


On fixe une petite boite scindée en deux compartiments par une barrière plus basse que le bord sur un haut parleur relié à un générateur basses fréquences (GBF). Chaque compartiment contient des petites billes de plastiques.
Quand on met le GBF sous tension, la boite se met à vibrer sur le haut parler et les billes se mettent à sautiller.

On aurait tendance à penser que les billes sauteront sans cesse d’un compartiment à l’autre, et qu’à la fin on trouve sensiblement le même nombre de billes d’un côté que de l’autre.
En réalité, au bout d’un moment, les billes sont toutes allées dans un seul compartiment laissant l’autre complètement vide.

Que ce passe-t-il ?
En fait, les billes s’entrechoquent et rebondissent les unes contre les autres. Or les rebonds étant toujours moins hauts que la hauteur de lâcher (chaque choc dissipe de l’énergie : bruit, frottements, élasticité…), si on met plus de billes, il y aura plus de chocs et plus de pertes d’énergie : les billes sautent donc moins haut.

Au début, s’il y autant de billes des deux côtés, on a autant de chances qu’une bille de gauche passe à droite ou qu’une bille de droite passe à gauche.

Admettons qu’une bille passe de droite à gauche : dés lors, il y a plus de billes à gauche qu’à droite. Du coup, les billes à gauche subissent d’avantage de chocs et sautent moins haut. À droite c’est l’inverse : moins de billes signifie moins de chocs et les billes sautent plus haut : les billes de droite ont donc plus de chances de passer à gauche. Ce sont bien les première billes qui changent de côté qui vont déterminer là où se trouveront toutes les billes à la fin.

Lorsqu’un grand nombre de billes sont à gauche, ce n’est qu’une question de temps pour que toutes les billes y passent.

Quand toutes les billes sont du même côté, le système est stable et n’évolue plus : les frottements sont suffisants pour empêcher totalement les billes de passer de l’autre.

L’effet Mpemba


L’effet Mpemba est le nom du phénomène qui fait que l’eau chaude gèle plus rapidement que l’eau froide.
Placez au congélateur deux gobelets d’eau (pas en verre sinon ça casse) : un gobelet d’eau froide (du robinet) et un gobelet d’eau chaude. Si vous laissez ça au froid, vous verrez que le gobelet qui voit l’eau se solidifier en premier est celui qui contenait de l’eau chaude.

Pourquoi ?
La raison à ce phénomène n’est pas encore tout à fait claire. L’effet est connu depuis l’antiquité mais a été redécouvert par hasard dans les années 1960 par E. Mpemba qui a donné son nom à l’effet Mpemba.
Cela semble une combinaison de plusieurs facteurs : qualité de l’eau (perso avec l’eau du robinet ça a toujours marché), surfusion, givre, évaporation, mouvements dans l’eau…

Le phénomène fait encore partie de ces énigmes de la science…

image uploadée par 4chan

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