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Merry Christmas !
Vous l’avez sûrement remarqué, en hiver la journée est courte et la nuit est longue.

Le passage des saisons est une alternance entre deux périodes :

  • du 21 juin au 21 décembre : où la journée dure de moins en moins longtemps et où le Soleil est de plus en plus bas dans le ciel ;
  • du 21 décembre au 21 juin : où la journée est de plus en plus longue et le Soleil va de plus en plus haut dans le ciel.

Nos ancêtres l’avaient également remarqué, et comme le Soleil était essentiel, ne serait-ce que pour faire pousser les récoltes et pour éclairer, ils étaient inquiet que le Soleil descende si bas dans le ciel hivernal.
Quand finalement vint le solstice d’hiver (de « sol », Soleil et « -stice », arrêt), ou le Soleil s’arrête de descendre pour ensuite commencer à se relever, les anciens organisaient alors une fête, le « Sol Invictus » destinée à célébrer le présage de jours plus longs et plus chauds.
L’idée du Soleil renaissant dans sa splendeur a donné l’expression « dies natalis solis invicti », ou « le jour de la naissance du Soleil invaincu ».

Le solstice d’hiver ayant généralement lieu autour du 21 décembre, et comme il faut toujours quelques jours pour que la remontée du Soleil dans le ciel soit visible par les astronomes, Sol Invictus se tenait autour du 25 décembre.

La définition chrétienne de Noël, elle, a été placée ce même jour par l’Église afin de profiter d’une fête qui était déjà largement implantée dans la culture populaire et mieux se propager un peu partout en Europe.
Il a tout de même fallu attendre l’an 336, soit plus de trois siècles après Jésus Christ, pour que la naissance de ce dernier soit placée au 25 décembre et vienne remplacer Sol Invictus. Car bien avant l’an 336, et même avant l’an 1, Sol Invictus et toute cette période était déjà festive pour beaucoup :

  • Sol Invictus, et le retour des jours plus longs ;
  • le Culte de Mithra, chez les Romains ;
  • les Saturnales, chez les Romains, pour fêter le dieu Saturne ;
  • Épona, une déesse Gauloise, également fêtée en décembre ;
  • Les Petites Dionysies (rurales), à la même époque de l’année chez les Grecs et célébrant Dionysos. Les Grandes Dionysies, dans les villes, avaient elles lieue en mars (soit un peu plus tard, certes).

Durant la fin du mois de décembre les anciens organisaient donc des festins et s’échangeaient des cadeaux. Les esclaves et les maîtres étaient temporairement égaux voire leurs statuts échangés, les écoles et le travail suspendus. Tous ces rituels très populaires ont été plus ou moins conservés par l’Église dans ce qui deviendra après le IIe et IIIe siècle, le Noël chrétien.

Le 25 décembre comporte donc à l’origine et avant tout une dimension astronomique et sociale.

Donc si la dimension religieuse de Noël vous gêne ou vous semble anti-laïque, vous pouvez toujours fêter le même jour de l’année pour son côté astronomique. Sinon, vous pouvez également fêter l’anniversaire d’Isaac Newton (le 25 décembre 1642 dans le calendrier Julien, en vigueur à l’époque en Angleterre) , ou « Newtonmas ».
Pour le nouvel an, fêtez donc la périhélie le 4 janvier ! Le jour de l’an actuel est placé 7 jours après Noël par l’église, mais le 4 janvier marque, lui, la date où la Terre est au plus proche du Soleil sur son orbite excentrée.

Références :

image de Mohammadali F.

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Katsono a dit :

Petite erreur à la fin de l'article, l'aphélie c'est le jour où la Terre est le plus loin du Soleil.

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Yunga a dit :

L'astronomie des anciens.

Les Mardis de l'Espace des sciences avec Yaël Nazé, astrophysicienne, Institut d’astrophysique de Liège.

L'astronomie n'est pas née d'hier et, même si les progrès ont été prodigieux ces dernières années, il faut toujours connaître les origines pour mieux comprendre la situation actuelle. Au début, partout dans le monde, nos ancêtres levèrent les yeux vers les astres et tentèrent de les comprendre en élaborant diverses histoires simples, les mythes. Très vite, les anciens allèrent plus loin, et l'on retrouve les prémices d'une véritable Science dans leurs écrits - un balbutiement qui forgea la science moderne. Vous découvrirez ainsi notre héritage astronomique sous toutes ses facettes, surtout les moins connues : les mythes primitifs, l'orientation des mégalithes, le savoir égyptien, le ciel de Babylone, la méticulosité chinoise, les cosmogonies maya et inca, les étoiles-guides polynésiennes, etc. Non, il ne faut pas croire que les anciens ne pensaient pas - leurs observations sont même encore utiles à l'astronome d'aujourd'hui.

https://www.youtube.com/watch?v=7MkJE5MekOc

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Seed a dit :

Juste pour info, tu parles de l'An 0 dans l'article, mais il n'existe pas d'an 0, on passe directement de l'an -1 à l'an 1.
cf: wikipédia

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InternetBaby a dit :
Il est passionnant de constater l'effet des phénomènes naturels sur les sociétés humaines et leur culture. Merci pour cet article éclairé.
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erwann a dit :

Petit complément d'information sur Noël et sa date, un excellent article de François Walter:
http://www.lefigaro.fr/vox/histoire/2016/12/23/31005-20161223ARTFIG00195-francois-walter-on-est-passe-du-noel-chretien-de-l-esperance-au-noel-laicise-de-la-nostalgie.php
La signification astronomique de la date de Noël est indéniable, mais pas la volonté de "détournement" de fêtes païennes.
J'ai personnellement beaucoup appris de cet article, en particulier sur les symbôles théologiques liés au choix de la date.


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