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photo of a mechanical watch
Le voyage temporel est une question qui fait couler beaucoup d’encre, tourner beaucoup de films et réfléchir beaucoup de scientifiques. Voici un petit point sur la question.

En physique relativiste, on place la dimension du temps sur le même plan que les dimensions spatiales. L’ensemble forme donc une seule entité appelée « espace-temps ». L’hypothèse selon laquelle on devrait pouvoir se déplacer sur l’axe temporel aussi bien que l’on se déplace sur les axes de l’espace n’a donc rien d’absurde en soi.

Partant de là, pour un voyage dans le temps, on a deux possibilités : voyager dans le futur et voyager dans le passé. Les deux sont des cas radicalement différents et il convient de les traiter de façon séparée et c’est ce que je vais donc faire ici.

Voyager dans le futur

Si je vous disais qu’on voyage actuellement dans le temps, vous me croiriez ? On voyage dans le futur à raison d’une seconde par seconde.
Ça a l’air idiot dit ainsi, c’est pourtant la réalité. Le temps qui passe n’est rien d’autre qu’un voyage inlassable le long de l’axe temporel, du passé vers le futur en restant sur l’instant présent.

Bon à part ça, tel qu’on l’entend habituellement voyager dans le futur n’est pas exclu par la physique. Le voyage dans le futur ne crée en effet aucun paradoxe ou problème temporel. En fait c’est même possible.

Maintenant, imaginez : plutôt que que de voyager dans le futur à raison d’une seconde chaque seconde, vous avanciez dans le futur à raison de deux secondes chaque seconde. Si vous faisiez cela et que votre ami ne le faisait pas, alors vous vous retrouveriez en avance sur l’axe temporel par rapport à votre ami. Vous seriez dans son futur.

Dans cet exemple, on a un « facteur temporel » de 2 : vous avancez deux fois plus vite dans le futur que le reste du monde. On peut prendre un facteur bien plus grand : en prenant 3 600, chaque seconde pour vous permettrait d’avancer d’une heure dans l’avenir que le reste des gens.
Et se placer dans un tel cas est faisable : la relativité restreinte nous dit que chaque référentiel (chaque lieu, chaque personne, chaque planète…) dispose de son propre écoulement du temps. Deux personnes peuvent donc avoir des horloges qui avancent à deux vitesses différentes, et donc que l’une avance plus rapidement dans le temps que l’autre.

En pratique, pour que votre horloge avance plus vite que celle du reste du monde, il y a deux possibilités :

  • soit se déplacer à une vitesse très importante par rapport au reste du monde.
  • soit se placer à côté d’un très intense champ gravitationnel (comme celui d’un trou noir supermassif).

À la fois la vitesse de déplacement relative au reste du monde et la soumission à un champ gravitationnel ont une influence sur l’écoulement du temps.

Quand on se déplace à très grande vitesse (proche de celle de la lumière), notre temps semble s’écouler beaucoup moins vite pour quelqu’un qui serait resté immobile et qui nous observe. Ainsi, si vous montiez dans un vaisseau spatial et que vous faites un voyage à très grande vitesse, il pourra s’être écoulé 100 ans sur Terre alors que vous n’auriez vécu qu’un an. Les gens restés sur Terre verront alors atterrir une personne jeune qui existait par le passé. Dit autrement, vous auriez effectué un bond dans leur futur.

La seconde possibilité pour voyager dans le futur est de se placer dans un champ gravitationnel intense. L’axe temporel est alors déformé et le temps — toujours pour un observateur extérieur — semble s’écouler beaucoup plus vite là où la gravité est forte. Dit autrement, quelques minutes passées à proximité d’un trou noir sont suffisantes pour que plusieurs années passent là où le champ gravitationnel est moins fort. Ceci est précisément un point de l’intrigue du blockbuster Interstellar, où les personnages principaux passent 1h près d’un trou noir et voient leur proches (restés sur Terre) vieillir de 7 années (soit un ratio temporel de 61 362) — voir mon article sur Interstellar ici.

Ces deux méthodes sont parfaitement valables sur la plan de la physique.
Il reste cependant impossible de les utiliser pour le moment : nous ne disposons encore ni la technologie nécessaire pour construire un vaisseau spatial assez rapide, ni un moyen d’aller visiter les abords d’un trou noir supermassif et de revenir.

Néanmoins, il n’est pas nécessaire de voyager à des vitesses proches de la lumière ou près d’un trou noir pour être affecté par ces phénomènes. Voyager à n’importe quelle vitesse et près de n’importe quel objet massique suffit. Les effets seront simplement beaucoup moins importants.
Le meilleur cas observable peuvent être les astronautes à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS) : ils voyagent à une vitesse relativement importante (faisant le tour de la Terre en 1h30) en plus de se trouver dans un champ gravitationnel légèrement moins intense que le reste du monde, à cause de leur éloignement à la Terre.

De ces deux effets, aux conséquences contradictoires (le premier accélère l’horloge des astronautes, le second la ralentit) la plus significative est celle liée à la vitesse. Ainsi, après avoir passé 6 mois à bord de l’ISS, un astronaute a vécu 5 millisecondes de moins que nous. On peut dire qu’il a voyagé 5 millisecondes dans notre futur.

Voyager dans le passé

Effectuer un bond dans le futur, c’est possible en théorie : il suffit d’aller près d’un trou noir avec un vaisseau spatial super rapide. Mais comment revenir au présent ? Ou bien, comment aller dans le passé à partir du présent ?
Ici il n’y a pas encore de réponses précises que la science peut apporter.

On serait tenté de dire que le voyage dans le passé est impossible : le principe de causalité nous l’empêcherait : par exemple, puisque vous descendez de vos parents, alors revenir dans le passé pour empêcher vos ancêtres de se rencontrer peut-il empêcher l’existence de vos parents et donc de la vôtre dans le présent… et par conséquent vous empêcher de retourner dans le passé (en conséquence de quoi vous finiriez par exister tout de même, faute d’avoir pu prévenir votre conception !).

Ce problème apparaît dans de nombreux films, le cas le plus classique étant sûrement Retour Vers le Futur, où Marthy, ayant modifié le cours de l’histoire malgré lui, se retrouve sur le point de ne plus exister dans le présent, ni donc dans le passé, là où il s’est rendu.
C’est un paradoxe très célèbre dans le domaine du voyage temporel, qui est connu sous le nom de paradoxe du grand-père.

Ce paradoxe empêcherait donc totalement le voyage dans le passé ? À vrai dire, on ne sait pas encore.
À ce jour, avec la physique dont nous disposons, les tentatives pour prouver l’impossibilité de voyager dans le passé, y compris les travaux de Stephen Hawking n’ont pas abouties : on n’a pas réussi à prouver que le voyage dans le passé était impossible. Ceci ne dit pas qu’il est possible, ça dit juste qu’on n’est pas encore sûr que ce soit impossible, et rien ne dit que cette impossibilité existe et/ou soit un jour prouvée.

Alors c’est foutu ?
Non, pas vraiment car si on ne sait pas si le voyage dans le passé est impossible, on ne sait pas non plus s’il est possible. Toutes les possibilités restent ouvertes, et il existe diverses hypothèses destinées à contourner le paradoxe du grand-père.

L’hypothèse du multivers

L’une d’elle est l’hypothèse du multivers. Avec ça, lorsque l’on voyage dans le passé, on ne se retrouve plus sur notre propre axe temporel, mais sur un autre, dans un autre univers. Toute modification ainsi apportée au cours des événements seront alors totalement décorrélés de l’axe temporel initial. C’est ce qui arrive dans Retour Vers le Futur quand la DeLorean revient en 1985 et découvre qu’il n’y plus qu’un seul arbre debout alors que le 1985 qu’ils avaient quitté en avaient deux :

time-line in back to the future
↑ La DeLorean retourne dans le passé, un nouvel axe temporel est créé et les actions de McFly n’ont alors aucune incidence sur l’axe initial.

Ainsi il n’y aurait jamais de paradoxe du grand-père : si vous supprimez votre grand-père sur cette nouvelle branche du temps, ceci n’affectera pas votre destinée sur la branche principale. Seulement la nouvelle destinée sur la nouvelle branche (qui n’est à ce moment pas encore écrite). Votre propre existence n’y serait pas non plus compromise car elle naît de l’axe temporel (de l’univers) initial, pas de la nouvelle.

L’existence, dès votre retour, dans le passé sur la nouvelle branche laisse supposer qu’il existe plusieurs lignes du temps et donc plusieurs univers avec chacun leur déroulement propre. Un voyage dans le temps serait alors tout simplement un voyage entre les différents univers.

L’existence même d’un multivers, contenant alors plusieurs univers (dont le nôtre) n’est elle non plus pas exclue par la physique : à ce jour on n’a pas de quoi affirmer ou infirmer quoi que ce soit à ce sujet. Seuls sont possible des spéculations…

L’hypothèse de la boucle causale

Une autre idée pour résoudre le paradoxe du grand-père et donc un problème où des effets (vous) pourraient exister avant leur causes (vos ancêtres) et les empêcher, serait que l’ensemble des événements soient contenues dans une seule et même boucle qui aurait toujours existé. Ainsi, un événement dans votre passé s’est produit grâce à un autre « vous » retourné dans le temps.

On retrouve cette hypothèse dans des œuvres telles que Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, où Harry et Hermione décident de changer les trois dernières heures de leur propre passé afin de sauver Sirius Black et Buck (l’hippogriffe) de la mort. À la fin de l’histoire, Harry et Sirius sont sauvés par le Harry qui est retourné dans le passé.
Telle que l’histoire est contée, durant cette boucle, le Harry « normal » ne rencontre jamais le « Harry » qui est retourné dans le passé, mais ce qui lui arrive est tout de même la conséquence des actions de ce dernier, comme le moment où un Patronus le sauve, lui et Sirius, des détraqueurs.

À noter que personne ne reste coincée indéfiniment dans la boucle pour autant : la boucle fait partie de l’histoire du temps, mais une fois qu’on dépasse l’heure de la fin de la boucle, on en sort et la vie poursuit son cours. C’est simplement qu’il existe à un moment donné, deux Harry Potter qui s’influent mutuellement.
Par ailleurs, tout ce qui se passe sur la boucle dans son ensemble a toujours existé. Le cours de l’histoire n’a pas été changé et la boucle fait partie de l’histoire :

time-line in harry potter and the prisonner of Azkaban
↑ Harry Potter retourne quelques heures dans le passé pour se sauver des détraqueurs. Une portion du temps voit donc coexister deux Harry, qui ont une influence mutuelle.

Un autre exemple assez connu est celui concernant le Titanic : certains pensent en effet qu’un grand nombre de voyageurs temporels sont allés à bord du navire pour tenter d’empêcher son naufrage. Le nombre de voyageurs temporels aurait été si important que la surcharge occasionnée a empêché le paquebot de dévier de sa trajectoire, ce qui a conduit à son naufrage.
Ici, le naufrage est donc causé par les gens du futur qui veulent tous empêcher le naufrage, mais qui en sont, du coup, responsables. Il n’y a pas de paradoxes : tout se tient et les principe de causalité sont respectés.

Conclusion à propos du voyage dans le passé

Les deux hypothèses précédentes résolvent à leur manière une partie des problèmes engendrés par un voyage temporel. Ils fonctionnent dans tous les cas pour le premier et dans certains cas seulement pour le second (le cas où une influence mutuelle entre deux personnes ou événements doit avoir lieue).

Actuellement, rien n’indique si l’une de ces deux hypothèses, les deux, aucune, ou bien une autre, est possible ou non…

Selon certaines hypothèses, même, le voyage dans le temps serait seulement possible dès l’instant où l’on invente une machine à voyage dans le temps. Il ne serait alors pas possible de voyager à une date antérieure à la date où la première machine à voyage dans le temps soit inventée. Ceci semble assez logique, et un indice qui prend l’allure de preuves serait alors que nous n’ayons parmi nous aucun voyageur venu du futur…

Cette dernière perspective, même si elle semble pessimiste peut très bien être vraie : peut-être que le voyage dans le passé est totalement impossible d’un point de vu de la physique.

Conclusion à propos du voyage dans le passé

L’avenir nous dira si le voyage vers le passé sera un jour possible ou impossible. Pour le moment notre compréhension de l’univers et nos outils mathématiques nous empêche de le répondre avec certitude à ce problème.

Le voyage dans le futur, est quant à lui possible et on en observe, dans certains cas et à petite échelle, les effets.
Il nous manque la technologie nécessaire pour la mettre en œuvre dans une application tel qu’une machine à voyager dans le temps, mais on sait déjà que rien ne nous empêche physiquement de se retrouver, un jour, 1000 ans dans l’avenir si on le voulait.

image d’entête de Zorin Denu

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Loukatao a dit :

Bonjour,

Quand on se déplace à très grande vitesse (proche de celle de la lumière), notre temps semble s’écouler beaucoup moins vite pour quelqu’un qui serait resté immobile et qui nous observe.

Vu le principe de la relativité, comment peut-on dire qu'une personne se déplace plus vite qu'une autre donc qu'elle vieillie moins vite? (voir le paradoxe des jumeaux).

PS: Je profite de ce message pour regretter l'ancienne formule de ton blog. Malgré tout, je continuerai à te suivre fidèlement.

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Le Hollandais Volant a dit :

@Loukatao : le paradoxe des jumeaux peut se résoudre si on considère qu’un des jumeaux (celui dans la fusée) subit une accélération (vu qu’il part d’une vitesse initiale à une vitesse finale proche de celle de la lumière).
Le jumeau resté sur la Terre ne subit pas cette accélération. Il subit une variation de vitesse relative à la fusée, mais ce n’est pas lui subit les « g » qu’on ressent dans une fusée. Seul l’un des jumeaux subit ça. Du coup il n’y a plus de symétrie parfaite, et en relativité générale, l’accélération subie entraîne également une dilatation de la durée.

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Le nain de jardin a dit :

C'est bien a peu prés ce que je supposais
il y a aussi un autre problème qui faut prendre en compte
plus on cherche a aller loin dans le temps plus il faut se déplacer loin dans l'espace , comme tout est en mouvement .
D’ailleurs ça me fait penser à un truc : il y a t il un point fixe dans l'univers ?

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Le Hollandais Volant a dit :

@Le nain de jardin : je n’ai pas fait les calculs, mais je dirais qu’on n’est pas obligé d’aller loin : si on fait un grand nombre de fois le tour de la Terre à très grande vitesse, on pourrait voir son horloge aller suffisamment lentement pour se retrouver loin dans le futur de ceux qui sont restés sur la terre ferme.

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Whiteshoulders a dit :

Deux personnes peuvent donc avoir des horloges qui avancent à deux vitesses différentes, et donc que l’une avance plus rapidement dans le temps que l’autre

Je pense qu'il y a un problème de formulation, plus qu'une mécompréhension, mais dans chacun des référentiel les horloge avance à la même vitesse. Il n'y en a pas une qui va "plus vite que l'autre" (d'ailleurs comment on mesurerai cette vitesse ? En seconde par seconde ? ça n'a aucun sens). La vitesse de déplacement de l'aiguille de l'horloge reste la même dans les deux référentiels, donc les deux horloges vont a la même vitesse.

Une meilleur manière de le présenter, c'est de considérer le déplacement de la trotteuse d'une horloge comme des traits sur l'axe du temps. En fonction de la vitesse l'axe se contracte ou se dilate, donc les traits sont plus ou moins rapprochés. Sur l'axe du temps, les déplacements de la trotteuse sont plus proches (mais le temps ne s'écoule pas plus vite).

L'analogie peut se faire avec la contraction des distance : le mètre n'est pas plus petit ou plus grand en fonction de la vitesse. De la même manière, la seconde n'est pas plus rapide ou plus courte en fonction de la vitesse.

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Kita59 a dit :

Très intéressant comme article, pourtant il existe un vrai voyageur temporelle, John Titor.

Pour les capsules temporelles on peut dire aussi qu'elle voyage dans le temps ?

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Le Hollandais Volant a dit :

@Kita59 : Les capsules temporelle ne sont pas différentes de tout ce qu’on a autour de nous : une cathédrale, un livre, une toile… Ce sont des objets qui ont survécu à leur époque.
Elles voyagent dans le temps tout comme nous : à raison d’une seconde par seconde, mais en soi elles ne sont des capsules « temporelles » que pour nous, parce qu’on leur a donné ce nom.

@Whiteshoulders : En effet, sous cette forme c’est plus juste et pas moins compréhensible. Merci !

L’horloge semble aller normalement quelque soit le référentiel (Terre, fusée…), c’est vrai.
Ce n’est que quand on regarde l’heure (ou la date) une fois que les deux horloges sont réunies (ou qu’on les compare) que l’on voit qu’elles sont désynchronisées.

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Fazio a dit :

Bonjour,

Merci pour cet article très clair ! Cependant j'ai 2 questions concernant les hypothèses d'un voyage dans le passé :

- Pour le modèle du multivers, ne créons nous pas le problème suivant : actuellement, je suis sur la ligne temporelle T1. Je suis un agrégat d'atomes, atomes appartenant à mon univers U1, créés par cet univers. Cet agrégat à pour origine ma conception. Je pars dans le passé, j'empêche ma conception. Et là ce trouve un problème : je suis dans la ligne temporelle T2, dans l'univers U2. Les atomes de cet univers qui auraient put s'agréger pour me créer existent bel et bien, mais sont dispersés. Par contre moi je suis bien présent, avec mon amas d'atomes de l'univers U1. En allant dans le passé, en passant de l'univers U1 à l'Univers U2, j'ai rajouté de la matière étrangère : mes atomes de l'univers U1, moi. Je suis une matière que le Big Bang n'a pas créé, n'est ce pas problématique ?

- Pour le modèle à boucle, j'ai sûrement mal compris. Ainsi, ce modèle expliquerai l'existence d'une destinée ? Si j'existe, cela voudrai dire que je ne pourrai jamais empêcher ma conception, même si j'ai les moyens d'aller dans le passé ? Je ne pourrai aider, voire réaliser, que les actes de mon passé ?

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chabotsi a dit :

Salut Timo,

Merci pour cet article très captivant !

Du coup, je me suis posé une question bête. Si on met une personne dans un vaisseau, et qu’elle fait le tour de la Terre très vite, alors − si j’ai bien compris − son référentiel de temps est « ralenti » par rapport à ceux qui sont restés sur Terre. Du coup, si on relie ce vaisseau et la Terre par une webcam… qu’est-ce qu’on voit depuis le vaisseau ? depuis la Terre ?

Voit-on l’intérieur du vaisseau comme un film au ralenti depuis la Terre ? Et depuis le vaisseau, voit-on un film de la Terre en accéléré ? Les personnes dans le vaisseau et sur la Terre pourraient-elles communiquer ?

Merci ;)

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Le Hollandais Volant a dit :

@Fazio : Pour le voyage dans le futur, vu comment la procédure se fait, ce sont tes atomes et les particules qui te constituent qui avancent dans le temps par rapport à d’autres particules et gens.
Pour le voyage dans le passé, le problème que tu soulèves est connu, mais je n’ai aucune solution à proposer.

En fait, si on a des méthodes pour aller dans le futur (les deux que j’ai expliqué), il n’y a pas de méthodes (du moins je n’en connais pas) pour aller dans le passé. D’où mon absence de réponse. Mais c’est une très bonne question que j’ai oublié de mentionner.

Concernant le second point, j’aurais tendance à dire que oui. Si je prends l’exemple tel qu’il est mis en œuvre dans Harry Potter, on voit bien que le Harry qui retourne dans le passé influe directement sur le Harry "normal". Aussi, les actions du Harry "normal" découlent donc de ce que fait le Harry qui est remonté dans le temps.
Autrement dit, le Harry du futur a une incidence sur son propre "lui-même" du passé. Donc d’une certaine façon, certaines actions du Harry "normal" découlent d’événements du futur.

@chabotsi : ta question est très intéressante.
La mise en œuvre de cette expérience au moyen d’une caméra sans-fil (disons en WiFi) permet de répondre à la question.

En effet, voyageant à une vitesse proche de celle de la lumière, les ondes Wifi émises sont étirées elles aussi (contraction des longueurs/étirement des durées) : c’est l’effet Doppler relativiste.

Ce qui est émis en Wifi (2,4 GHz) arrivera sur Terre avec une fréquence bien plus faible (de type "ondes radio AM/FM"). Il en découle donc que la vitesse de transmission du Wifi (disons 54 Mbit/s) est elle aussi réduite (je ne connais pas le débit des ondes radio, mais disons 1 Mbit/s). Si on essaye de reconstituer l’image à partir de ça, alors on aura un signal de 24 images par seconde émis du vaisseau sera reçu au ralenti, 54 fois plus lentement, donc environ 1 image toutes les deux secondes. Autrement dit, tout semblera effectivement ralenti.

Ceci serait le cas où une fusée s’éloignerait en ligne droite de la Terre.
À cause de l’effet de symétrie (cf paradoxe des jumeaux), les deux verront l’image de l’autre être ralenti.

Maintenant, si on se place en rotation très rapide autour de la Terre, la relativité restreinte ne suffit plus et il faut prendre la relativité générale (vu que la trajectoire n’est plus rectiligne, mais courbe et subissant donc une accélération latérale), et là je ne saurais répondre (je n’ai pas le niveau de connaissances suffisantes).

Sinon, les communications seraient possibles, mais si on utilise les ondes électromagnétiques (lumières, onde radio…) pour ça, alors les longueurs d’ondes émises seront différentes des longueurs d’ondes reçues. La vitesse des ondes étant invariantes à l’émission comme à la réception, ce qui change est la longueur d’onde (vu que ce sont les distances qui sont modifiées). Ceci est l’effet Doppler relativiste.
On l’observe sur certaines étoiles/galaxies : un galaxies émet de la lumière blanche, mais vu qu’elle s’éloigne très vite, la longueur d’onde que nous recevons est légèrement étirée. Au lieu d’un spectre blanc de 400 à 800 nm, on est décalé vers des longueurs d’ondes plus grandes, de 600 à 1000 nm, par exemple. On est donc centré sur le 800 nm, qui est du rouge. La galaxie apparaît rouge : c’est le « redshift » des galaxies lointaines. Une galaxie ou une étoile qui s’approcherait de nous aurait au contraire un spectre décalé de l’autre côté, vers le bleu, c’est le « blueshift ». On utilise ça pour mesurer la vitesse d’éloignement des étoiles/galaxies (déduite du taux de décalage du spectre), ainsi que leur distance par rapport à nous, et également la vitesse d’expansion de l’univers.

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Clem a dit :

Un autre paradoxe :

Imaginons que je fais voyage temporel d'une heure dans le passé, je vais peut-être rencontrer le "moi" du passé, il y aura donc deux "moi"s, avec une différence d'age d'une heure.

Si je ne rencontre pas cet autre moi dans l'heure, celui-ci va, une heure plus tard, effectuer un voyage dans le temps, il arrivera dans un univers ou il y a 3 "moi",

toutes les heures un nouveau clone sera créé.

Que ce passe t'il alors si je fait un voyage d'une milliseconde dans le passé ?

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Le Hollandais Volant a dit :

@Clem :

Si je ne rencontre pas cet autre moi dans l'heure, celui-ci va, une heure plus tard, effectuer un voyage dans le temps, il arrivera dans un univers ou il y a 3 "moi",

Pas forcément, car le premier "toi" à être retourné dans le passé sort de la boucle, un peu comme dans Harry Potter. Au final il n’y aura toujours que deux "toi" durant une portion du temps (mais pas avant, ni après).

Dans ce cas là, celui de Harry Potter, le "toi" initial devient celui qui retourne dans le passé pour la première fois. Il ne peut donc retrouver que le "toi" initial, pas celui qui est retourné dans le passé (puisque c’est toi).

Après ce que tu dis est possible : si tu fais un retour dans le passé, alors que tu es déjà retourné dans le passé (une boucle dans la boucle) mais après ce n’est pas obligé que tu retrouves avec plein de "toi".

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ArpadH a dit :

Super article, ça fait réfléchir et beaucoup rêver !

Je n'avais jamais entendu cette théorie du Titanic, mais je trouve l'idée fascinante. Cependant il y a un point qui m'échappe dans cette théorie et par conséquent dans celle de la boucle causale. Ma question est très difficile à formuler, mais je vais essayer d'être clair. Admettons que cette théorie du Titanic soit vraie. Le bateau aurait donc coulé à cause de ceux ayant justement voulu l'empêcher de couler, ce qui implique qu'il n'aurait sinon pas coulé. Pour moi il y a quand même un paradoxe dans la question suivante : Pourquoi sauver un bateau qui en fait ne doit pas couler ? Qu'est-ce qui déclenche que les hommes du futur on décidé de venir sauver le Titanic et pas n'importe quelle autre bateau ? En fait je pourrais formuler ma question comme ça : Qu'est-ce qui déclenche cette boucle ? Où se situe son entrée ?

Je sais pas si c'est très clair, j'ai essayé de faire au mieux ;)

ArpadH

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Le Hollandais Volant a dit :

@ArpadH : Je vois ce que tu veux dire.
Mais selon moi, la boucle est déclenchée dès le début (en 1912) parce que l’histoire serait déjà toute tracée jusqu’au moment où la machine à voyager dans le temps soit inventée.

Une autre solution serait que, pour une raison ou une autre, un voyageur temporel initial (venu, disons, de 2016) serait allé sur le Titanic et l’aurait fait couler en 1912. À ce moment là, toute l’histoire entre 1912 et 2016 serait réécrite en prenant en compte les conséquences du naufrage. La seule constante serait alors le point d’arrivée en 2016 où le voyageur retourne dans le temps.
Un peu comme dans Retour Vers Le Futur où à un moment tu as Marthy Mc Fly qui voit sa propre existence disparaître (effacement des photos, etc.).

De ces deux "solutions", la première me semble (à moi) la plus intéressante, car elle sous-entend qu’à tout moment de l’histoire (par exemple maintenant) on peut voir apparaître des gens venus du futur et vivre avec eux alors que ledit futur n’existe pas encore (à nos yeux).
La seconde solution implique que l’histoire peut être réécrite. Ça me semble une solution un peu grossière, sauf si on utilise la théorie des univers parallèles, où chaque voyage dans le temps entraîne une nouvelle ligne du temps qui sera alors différente de la ligne de temps initiale, à cause du voyageur temporel.

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D. a dit :

@Le Hollandais Volant :
Salut Timo,
Je voudrais juste ajouter une chose à propos du voyage dans le passé.
Si l'on met "provisoirement" le principe de causalité, la théorie des univers parallèles Everett et que l'on cherche concrètement comment l'on pourrait remonter le temps, il existe une théorie ou une hypothèse qui pourrait nous donner une tentative de réponse. Pour remonter le temps, on aurait enfaîte besoin d'un hypothétique "trou de ver". Son principe est assez simple, on sait que l'espace-temps n'est pas plat (il est courbé par la masse et la vitesse), il serait donc peut-être possible en théorie qu'un tunnel se créer entre deux parties distinctes de l'espace-temps, ce qui voudrais dire qu'en empruntant ce tunnel, on irait plus vite que la vitesse de la lumière (aussi paradoxal que cela puisse sembler) sans pour autant violer le principe qui dit que l'on ne peut pas dépasser la vitesse de la lumière, puisque l'on aurait pris un raccourci en empruntant notre tunnel. Et bingo, en allant plus vite que la vitesse de la lumière, nous remontons le temps.
Maintenant, il ne faut pas s'emballer trop vite, cela reste une hypothèse et nous ignorons bon nombre de chose sur ces trous de vers, par exemple comment se forment-ils, ou encore que taille ont-ils (si les concepts de mesures s'appliquent encore à l'intérieur). Pour expliquer la formation, des ces trous de vers, il existe une hypothèse qui dit qu'ils seraient créés par deux trous noirs, mais pourrait-on alors en tant qu'humain normalement constitué voyagé à l'intérieur, et surtout en ressortir en entier et non sous la forme d'un spaghetti d'atome ?
Voilà, c'est un peu près tout ce que j'avais à ajouter, j'espère être resté relativement ( (; ) compréhensible.
D.

Ps : J'adore tes articles continue comme ça.

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Le Hollandais Volant a dit :

@D. : oui, j’avais entendu parler de ces hypothèses.
De même de celle de « fontaines blanches », qui sont le contraire de trou noirs : des astres dans lesquelles rien ne peut entrer et d’où tout en sort. Elles n’ont jamais été observées, mais l’idée existe.

Pour un trou noir, il est clair qu’un être humain ne peut pas en sortir. Ni une particule seule. Il n’y a que le rayonnement de Hawking qui puisse diminuer la masse d’un trou noir.

Pour le reste, je ne saurais dire quoi que ce soit.


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