des icebergs.
Un des grands problèmes de notre époque est le réchauffement climatique dû aux émissions de gaz à effets de serre.
En effet, le principal produit de rejet de notre civilisation, le dioxyde de carbone (CO2) est, à notre grand malheur, également un important gaz à effet de serre.

Le CO2, par sa nature de gaz à effet de serre, piège les rayons infrarouges émis par la terre (et autrement libérés dans l’espace), ce qui réchauffe le climat. Le CO2 n’est ni le seul gaz à effet serre, ni le plus important (qui est l’eau), et pas le plus puissant non plus. Mais il est l’un des plus tenaces et le seul sur lequel nous pouvons agir. De plus, si le climat se réchauffe trop à cause du CO2, les autres gaz tels que l’eau ou le méthane augmentent également, par effet collatéral.

Nous produisons environ 50 milliards de tonnes de CO2 chaque année et à ce jour environ 35 % du CO2 atmosphérique est d’origine humaine. À ce niveau, des effets se font ressentir, en premier lieu le réchauffement climatique (qui lui-même produit ses propres effets).

Les êtres vivants, nous inclus, se sont développés et habitués à un climat bien précis. Si l’on ajoute seulement quelques degrés, la météo change, le niveau des océans change, les courants marins régulant la température et le niveau d’oxygénation de l’eau changent… Les conséquences sont très nombreuses et notre civilisation, notre espèce, court un danger d’extinction non nul.

Comment endiguer cela ? Cet article propose quelques idées.

Je ne vais pas parler des solutions à appliquer en tant qu’individu et au quotidien aujourd’hui, ni de solutions techniques, mais plutôt des solutions conceptuelles, dans de grandes lignes, que notre espèce, ses connaissances scientifiques et son génie pourraient mettre en place face à ce problème, à plus ou moins long terme.

Solutions par action directement sur nos émissions

Une façon de gérer le problème est d’agir directement sur la pollution au CO2. Ça semble aujourd’hui le plus simple à mettre en place et la plus logique des actions.

Arrêter ou réduire nos émissions de CO2

La première solution face à un taux trop élevé de CO2 dans l’atmosphère et par notre faute serait d’arrêter d’en émettre, ou d’en émettre beaucoup moins, de façon qu’à terme les absorptions par les végétaux ramènent le CO2 à un niveau naturel.

Ce que nous avons émis jusqu’à maintenant, nous l’avons fait depuis le début de « l’ère industrielle », soit environ depuis 200 ans. Si nous stoppions tout aujourd’hui, le niveau de CO2 reviendra à un niveau « normal », ou « préindustriel » en quelques siècles également. C’est une bonne chose (un retour est encore possible), mais cela prendra du temps durant lequel ce CO2 continuera son action sur l’effet de serre, l’acidification des océans, etc. et leurs conséquences : dérèglement climatique, perte des glaciers, destruction des coraux et des écosystèmes…

Beaucoup de mal a déjà été fait, mais tout arrêter reste une solution simple à imaginer et qui pourrait évidemment limiter la casse à long terme.

Bien sûr, si l’on arrête toute émission aujourd’hui par un arrêt immédiat de l’exploitation des énergies fossiles, il faudra mettre en place des solutions énergétiques viables, décarbonées, disponibles, et qui répondent à nos besoins comme le font actuellement les énergies fossiles.
Ce ne serait pas simple, probablement cher, mais pas impossible techniquement.

Absorber puis stocker nos émissions

Une autre idée serait de capturer tout le CO2 émis : en somme, on brûle le pétrole pour fournir de l’énergie, ça libère du CO2 dans l’air, mais pour compenser, on va également capturer du CO2, en quantités égales à ce qu’on émet.

Si le bilan carbone est nul, alors on peut continuer à utiliser le pétrole : le réchauffement climatique ne sera pas un problème.

Par contre que faire de tout le CO2 ?

Cinquante milliards de tonnes de CO2 à stoker, chaque année, ce n’est pas rien : ça fait 7 tonnes de CO2 par humain, par an.

Bien sûr, les arbres et la végétation au sens large, et surtout le phytoplancton dans les océans, font déjà tout ça gratuitement. Mais nos émissions sont tellement énormes que le règne végétal est déjà à la peine. De plus, l’augmentation du taux de CO2 dans l’air a d’autres effets qui en réduisent l’absorption par les plantes, et ceci sans même prendre en compte le fait que l’on défriche des forêts à longueur de temps…

Ce sont d’autres problèmes cependant, mais qu’il faudra résoudre si l’on en vient à capturer puis stocker du CO2 à très grande échelle en vue de compenser nos émissions.

Recycler le CO2

Une bonne partie du CO2 est émise par les transports : camions, avions, bateaux, voitures… Des technologies existent ou sont à l’étude pour les remplacer par des solutions décarbonées, en particulier l’électrique.
Si ce n’est pas 100 % propre, ça l’est si l’on ne considère que la question du CO2.

Problème : les carburants fossiles qui sont la source d’énergie de ces véhicules sont à l’heure actuelle, nettement plus pratique à l’emploi et bon marché que l’électricité.

Une solution pourrait alors être de rester sur les carburants liquides pour les véhicules… à condition de le produire sans émettre de CO2. Si l’on y parvient, alors on arrête une partie du problème.

Les biocarburants sont du carburant (principalement de l’alcool, le bioéthanol, ou de l’huile, du biogazole) issu de plantes, et donc à partir d’énergie solaire et de CO2 atmosphérique (le principe de la croissance d’une plante).
Si aujourd’hui le bilan carbone n’est pas totalement neutre (il faut défricher des arbres, semer les plantes, les récolter, les traiter, etc. ce qui consomme en soi de l’énergie pas propre), on s’en approche et l’idée est à améliorer.

On peut aussi espérer voir naître d’autres solutions à la fois viables et faciles d’emploi comme les carburants fossiles tout en étant propres comme l’électrique. Dans tous les cas, il est question ici de produire des carburants classiques à partir de sources propres de façon à avoir un bilan carbone neutre.

Pour autant, ceci ne résoudra pas les problèmes liés aux émissions des voitures en centre-ville, mais c’est là un autre problème. Un des avantages aussi c’est que ce nouveau combustible sera compatible avec toutes les installations actuelles, ce qui est une bonne chose sur le court terme.

Il s’agit, en résumé, de recycler notre déchet.

Actions sur les conséquences plutôt que les causes

Les solutions précédentes traitent le problème à la source : on émet trop de CO2, donc on cherche à empêcher son accumulation dans l’atmosphère.

Dans les solutions qui suivent, on va chercher à agir sur les conséquences plutôt que sur la cause. Ainsi, le réchauffement climatique est la conséquence du surplus de CO2 dans l’air, mais au lieu de réduire les émissions, on va réduire le réchauffement d’une autre manière.

Bloquer le rayonnement solaire avec des panneaux orbitaux

La Terre reçoit du Soleil plus d’énergie qu’elle n’en rayonne. Par conséquent, sans Soleil, pas d’effet de serre et il ferait plus froid à la surface de la planète.

Une façon de faire ça, c’est d’installer des panneaux géants dans l’espace, entre la Terre et le Soleil. Idéalement, on les placerait au niveau du point de Lagrange 1, noté L1.

Les points de Lagrange sont des points dans l’espace entre deux astres où la gravitation d’un des astres égale la gravité de l’autre, ou plus généralement ou le bilan des forces dans le référentiel des deux astres est nul.
Ainsi, si l’on a deux astres de masse égale gravitant l’un autour de l’autre, pile entre les deux se trouve un point, noté L1 où la pesanteur est nulle : si on s’y place, on ne tombera ni vers l’un, ni vers l’autre des deux astres.

En tout, il y a 5 points de Lagrange, notés de L1 à L5, à divers endroits sur l’axe passant par les deux astres ou sur leur orbite. Le plus intéressant est le point L1, situé entre les deux astres.

Dans le cas du système Terre-Soleil, un gigantesque panneau ou voile semi-transparent situé au point L1 bloquerait la lumière solaire et ferait de l’ombre à la Terre.

Il n’y a pas besoin de bloquer toute la lumière : 0,2 % suffirait. Mais cela nécessite tout de même une mégastructure plus grande que tout ce que nous avons construit à ce jour. Vu ses dimensions, il faudra également tenir compte de son échauffement (toute l’énergie bloquée doit être évacuée) et de la pression des vents solaires, si l’on ne veut pas que le panneau s’envole.

Idéalement, on pourrait recouvrir cette structure de panneaux solaires et même capturer l’énergie bloquée.

Il faut cependant noter qu’une telle entreprise ne sera pas sans conséquences. En particulier, cela aura un effet sur la croissance végétale. Les plantes ont besoin de lumière, mais si l’on bloque de la lumière, leur croissance sera réduite.
Si bloquer 0,2 % de la lumière ne semble pas énorme, il faut se dire que cela suffirait à annuler le réchauffement climatique (et ses effets). Si maintenant les plantes devaient pousser 0,2 % moins vite, cela représente des centaines de millions de tonnes de CO2 que les végétaux ne consommeront pas !

Il ne faut pas oublier que le climat et les écosystèmes sont très fragiles et chaotiques : une petite variation dans un des paramètres et c’est l’ensemble de la planète qui se déstabilise.

Bloquer le rayonnement solaire avec des aérosols

Bien que je parle ci-dessus de « panneaux », un simple nuage de poussières et d’aérosols envoyés dans la haute atmosphère suffirait : du moment qu’assez de lumière est bloquée.

Cette idée réplique les conditions climatiques consécutives aux épisodes de volcanismes, qui rejettent des kilomètres cubes de poussières et d’aérosols dans l’atmosphère. Les plus grandes éruptions de l’histoire, même récente, ont montré que la température moyenne de la planète pouvait perdre jusqu’à 4 °C suite à une seule éruption. L’histoire a montré qu’un grand nombre de famines pouvaient être directement imputées au volcanisme : on parle alors d’hiver volcanique. Évidemment, il ne s’agit pas d’aller jusqu’à là non plus.

Concernant les aérosols, bien qu’il n’y ait pas de gaz « anti-effet de serre », il existe des gaz qui absorbent ou bloquent la lumière du Soleil en haute altitude. L’ozone le fait pour les UV, mais le soufre peut bloquer tout le spectre lumineux.

Cette forme de géo-ingénierie est actuellement activement à l’étude et des recherches financées par Harvard et la NASA, bien que des effets secondaires peuvent être néfastes à leur tour.

En fait, les aérosols peuvent provenir de n’importe où. Utiliser des gaz terrestres est à notre portée. Mais si l’on voulait aller plus loin (beaucoup plus loin), l’on pourrait pulvériser un astéroïde et envoyer ça dans l’atmosphère. Bien-sûr, cela demande un niveau d’ingénierie plus avancé, mais au fond ce n’est pas difficile : on prend un astéroïde, on le place en orbite de la Terre et on le réduit en sable.
Si l’on envoie, de temps à autre, un astéroïde pulvérisé sur Terre, cela pourrait fonctionner, au moins un temps. En plus de ça, si l’astéroïde est plein d’or, de métaux divers et d’autres ressources, on pourra même espérer récupérer ces ressources !

Dévier le rayonnement solaire

Une solution alternative au blocage du rayonnement solaire dans l’espace ou dans l’atmosphère, c’est de le dévier. On pourrait envoyer des essaims de ballons dirigeables munis de miroirs. Le rayonnement sur les miroirs peut alors être envoyé soit sur des stations au sol, soit sur des concentrateurs solaires en orbite, afin de récupérer l’énergie de façon utile (au lieu de la perdre directement en infrarouge en réchauffement de la planète).

Les concentrateurs solaires existent bel et bien au sol. Les avoir dans le ciel n’est donc pas impossible.

Aussi faut-il préciser qu’un ballon dirigeable qui monte dans en l’air ne monte pas indéfiniment. C’est la poussée d’Archimède qui pousse le ballon, moins dense que l’air, vers le haut. Or, l’air se raréfie avec l’altitude et la densité diminue. Il arrive donc un moment dans l’ascension du ballon où sa densité égale celle de l’air et où il maintiendra naturellement son altitude.
À part pour les ajustements et les orientations dans l’espace, il n’y aura donc pas besoin d’énergie pour maintenir le dispositif en l’air.

Réduire la puissance du Soleil

Parmi les grands projets d’une civilisation très puissante (au moins de niveau 2 sur l’échelle de Kardashev), figure l’ingénierie stellaire.

Comme la géo-ingénierie correspond à la modification d’une planète (entrailles, surfaces, relief, atmosphère), l’ingénierie stellaire désigne les opérations affectant les étoiles : changement de composition, de masse, de type…

Une des opérations de cette science est de réduire la masse de l’étoile. Les bénéfices sont nombreux : une étoile moins grosse rayonne moins d’énergie et brûle son hydrogène moins rapidement. Pour résoudre le réchauffement climatique, c’est donc pas mal, et cela nous donne en plus quelques milliards d’années supplémentaires avant que le Soleil ne devienne une géante rouge.

Ceci étant dit, si notre civilisation en vient à avoir la puissance nécessaire pour modifier le Soleil, elle aura depuis très longtemps toute la puissance nécessaire pour modifier la composition de la Terre et de son atmosphère, et en tout cas trouve une, voire plusieurs, solutions énergétiques alternatives aux énergies fossiles responsables du CO2. Cela ne fait absolument aucun doute.

Éloigner la Terre du Soleil

Alternativement à la réduction de la masse du Soleil pour en réduire le rayonnement, on peut éloigner la Terre du Soleil, en la déplaçant sur une orbite plus éloignée.

Le résultat concernant le réchauffement climatique sera identique : si l’on s’éloigne du Soleil, le rayonnement reçu sera un peu plus faible.

À noter que si l’on éloigne la Terre du Soleil, mais aussi si l’on réduit la masse de ce dernier, il faudra faire attention car cela aura des conséquences sur la stabilité gravitationnelle des orbites des autres planètes, et cela risque de chambouler toute la mécanique céleste. Un exemple de conséquence pourra être par exemple la déviation d’un certain nombre d’astéroïdes de la ceinture d’astéroïdes vers le système solaire interne.

Heureusement, on peut espérer que si l’on est une civilisation de type 2 sur l’échelle de Kardashev, et si l’on déplace la Terre, modifier la stabilité du système solaire ne sera pas trop un problème non plus : dévier un astéroïde sera autrement plus simple que déplacer une planète.
Mieux, il pourrait même que nous tirions profit de ces éventuels déplacements « gratuits » d’astéroïdes, en s’en servant comme base, ou en captant ceux qui s’approchent de la Terre pour les miner.

Conclusion

Comme vous voyez, si le CO2 est effectivement un gros problème, les solutions possibles ne manquent pas, à commencer par la recherche (déjà très active) pour en émettre moins ou pour réduire les conséquences du CO2, principalement le réchauffement du climat.

Certaines méthodes demandent une technologie que nous n’avons pas encore, mais elles ont le mérite d’exister tout de même, et même si elles devaient ne jamais exister en vrai, peut-être est-il possible de simuler tout ça ou utiliser ces concepts en science-fiction.

Ressource

Cet article est fortement inspiré de la vidéo intitulée Climate Change Mitigation: Near Term Solutions, par Isaac Arthur.

image d’en-tête d’Annie Spratt

26 commentaires

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Weemix écrit :

Hello,

J'ai plusieurs remarques concernant cet article.

Bien que très curieux sur pleins de sujets dont la science (d'où ma présence ici), j'ai peur que ces hypothétiques solutions, outre la sobriété mentionnée au début, soient néfastes à l'action nécessaire aujourd'hui pour limiter la dérive climatique. Ces solutions ne sont pas opérationnelles - en tout cas à échelle suffisante pour avoir un impact - et laissent penser qu'on peut compter sur la science pour régler le problème. Or, malgré 50 ans d'avertissements (depuis le rapport Meadows) les émissions n'ont pas freiné leur croissance.

Ensuite, admettons qu'on arrive à contenir le climat avec une ou plusieurs de ces solutions. Cela permettrait un "business as usual", on continuerait notre vie telle qu'elle est aujourd'hui. Avec son lot de pollutions autres que les gaz à effet de serre. Quid du vivant qui meurt ? Des sols qui dépérissent ? Des zones polluées et invivables ? Des injustices sociales ? Des ressources qui s'amenuisent ? Est-ce que nous voulons d'un monde ultra technologique qui se complexifie de jour en jour et perd en résilience et en cohérence ?

Mais imaginons qu'on veuille d'un monde ultra technologique. Que fera t-on si des effets néfastes non prévus adviennent ? Admettons qu'on parvienne à disperser des aérosols dans l'atmosphère (technique la plus plausible de la liste d'après mes connaissances). Qui va payer ? A t-on une idée des effets sur la population ? Sur le vivant ? Sur le cycle de l'eau ? Que se passera t-il le jour ou nous n'arrivons plus à disperser ces aérosols (à cause d'une crise financière, d'une guerre, de manque de ressources ou n'importe quoi d'autre) ? Sans compter tout ce que nous n'aurons pas envisagé.

Pour conclure, le solutionnisme technologique sur cette problématique est à mon humble avis une mauvaise option si on veut conserver une planète agréable à vivre. Il faut que la science nous aide pour rendre nos usages plus économes ou plus efficients, mais elle ne devrait pas être un espoir de changement, sans autres leviers d'action. C'est dangereux. Et quand je lis ton article, malgré ton intro qui précise le focus, c'est ce que je ressens : continuons notre vie, la science nous sauvera.

Nous avons pourtant une solution, simple techniquement : revenir à plus de sobriété. Ne faudrait-il pas simplement changer d'indicateurs ? De philosophie ? Si (entre autres) avoir une grosse voiture, voyager à l'autre bout du monde, manger de la viande à chaque repas, chauffer/climatiser à 24°C et le consumérisme deviennent has been et honteux, la vie en sera t-elle moins heureuse ? Je crois qu'au contraire elle le sera davantage. Mais j'ai peur que ça ne soit qu'un rêve.

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blux écrit :

On peut aussi lancer une "grosse tsar bomba" dans l'atmosphère et provoquer un hiver nucléaire...
L'avantage, c'est qu'il y en a pas mal de prêtes !
Les inconvénients : quelques uns de (vraiment) gênants : famines, pollution...

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Le Hollandais Volant écrit :

@Weemix : Je suis bien d’accord, mais la science (et ses solutions proposés) ne sont que rarement suivies et ne sont que l’instrument d’action des vrais « décideurs ».

Si ces derniers ne poussent pas réellement vers ce que tu décris, personne ne le fera.

Construire des infrastructures moins émettrices et viables ? On peut. Mais non. Pour plein de raisons : ça coûte cher, et si plus personne ne roule en voiture, plus personne ne paye 70% de taxes sur chaque plein, taxes qui servent à payer l’infra dont on parle.

On peut interdire les voitures émettant > X gCO2/km. Mais non : il faut bien que Jean-Michu Parigo ait son 4x4 comme Jean-Michu Agriculteur-Légitime.

On peut aller chez les gens et contrôler que leur température de chauffe ne dépasse pas 19 °C comme le prévoit la loi. Mais non.

On peut tout faire : les textes le permettent.
Mais on ne fait pas. Je suppose que c’est pas assez urgent pour eux…

Du coup la technologie s’adapte : invente des chauffages moins gourmands (comme des PàC, qui peuvent chauffer à 24 °C et consommer comme un chauffage à 19 °C) ou des robinets d’eau « bulleurs » pour moins consommer d’eau chaude sans en réduire la sensation sous la douche. Ça marche un peu, mais ça ne résout rien sur le fond, on est d’accord.

~

Ici, mon article est dans ce sens : on va dans le mur. Il est déjà trop tard (c’est moi qui le dit, avec le poids quasiment nul que ça vaut). Nos descendants et même ma génération (je suis né en 1990), peut-être la tienne, je ne sais pas, auront des problèmes climatiques très graves. Mais face à l’inaction de ceux qui pourraient, je n’ai pas de réponse.

Du coup on peut imaginer des trucs improbables pour s’y faire et s’y adapter.

Je peux réduire mon empreinte CO2, et je le fais : d’après les différents sites d’estimation d’émissions, je suis à moitié moins que la moyenne. Mais toujours le double de ce qu’ils faudrait (des efforts sont attendus et à l’étude, on verra ce qu’ils donnent).

Mais on doit être 3 % de la population à faire ça, réellement de leur mieux. Le reste comporte ceux qui se gargarisent de la mise à flot d’un paquebot qui brûle 290 tonnes de pétrole de faible qualité… par jour, mais aussi des gens dans la (vraie) pauvreté à qui l’on refuse les moyens d’émettre moins : aujourd’hui, être (réellement — pas politiquement) écolo, ça coûte encore cher. Ça avance et ça progresse, oui, mais c’est lent, ça prend du temps.

Temps qu’on n’a pas.

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Weemix écrit :

@Le Hollandais Volant :

J'ai réagi car je n'ai pas ressenti ce point de vue dans ton article. Mais on est bien d'accord sur le constat.

Les décideurs n'agissent pas car trop peu de gens se sentent concernés. Ils agiront le jour ou ils auront un avantage à le faire. Aujourd'hui un décideur se tirerait une balle dans le pied à agir en faveur du climat, il serait vite évincé. Il faut que ce sentiment d'urgence et d'action viennent des citoyens.

Mais là, pas de miracles. Tant que le modèle de réussite est la possession d'une grosse voiture, d'une grosse maison et de voyages au bout du monde, il ne se passera rien de significatif. Il faut partager et expliquer les connaissances sur l'état actuel et futur pour que ça avance. Le rapport du GIEC est passé sous les radars des personnes qui ne s'y intéressent pas alors que le résumé devrait, à mon avis, être lu par tout le monde, ou à minima expliqué. La convention pour le climat était un bel exemple de ça. Ces personnes lambda qui se sont instruites sur le sujet ont radicalement changé de vision et proposé des mesures intéressantes qu'elles n'auraient jamais faites avant cette prise de conscience.

Malheureusement, ça avancera trop lentement, jusqu'au jour où l'urgence aura fait place à des bouleversements majeurs. J'ai 4 ans de plus que toi, j'ai un enfant d'un an. Je sais qu'on vivra des événements critiques dans les années ou décennies à venir.

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Laurent Claessens écrit :

Entre les décideurs et la responsabilité individuelle, on est un peu entre l'œuf ou la poule.

Si j'ai le choix entrre A et B et que je choisi systématiquement A, je ne peux pas me plaindre que les «décideurs» ne passent pas de lois pour obliger B.

Je prend un exemple très concret. J'ai trois enfants, et je parviens à aller au Dinozoo[1] en train depuis Besançon. L'infrastructure ferroviaire pour le faire avec 3 enfants et 4 vélos existe, est fonctionnelle et permet d'arriver à l'ouverture et de sortir à la fermeture.
Or le train que je prends est à chaque fois vide. 100% des clients y vont en voiture.

Et là je parle bien d'un voyage de 30 minutes de train sur une journée qui est entièrement consacrée à une sortie en famille. Ce n'est pas comme si c'était le trajet quotidien vers le boulot.

Donc bon. Quand l'infrastructure est là, elle n'est pas utilisé.
Après on peut se plaindre que les décideurs ne construisent pas plus d'infrastructure...

Depuis le temps qu'on parle de climat, ce que l'empirisme montre, c'est que plus on monte haut dans la hierarchie, moins on est efficace. Une commune ne fera qu'aider ses citoyens à faire ce qu'ils ont pris l'initiative de faire, et les COP ne feront jamais qu'entériner les engagements que les états ont déjà pris vis-à-vis leurs populations.
Et cela est parfaitement normal vu que la majorité des états sont des démocraties, et que même ceux qui n'en sont pas, ne peuvent pas frustrer leur population au niveau de ce qui est requis pour le climat.

En conclusion : entre l'acion des décieurs et la responsabilité individuelle, c'est l'œuf ou la poule. Mais il y en a clairement un des deux qui a en main l'initiative pour débloquer la situation.

[1] parc d'attraction pour enfants pas loin de Besançon sur le thème des dinausores.

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galex-713 écrit :

C’est étonnamment intéressant, tu parles même des solutions que tu déprécies notoirement comme les biocarburants (peu rentables) ou la capture carbone (mythique)…

Tu parles de réduire la taille du soleil, mais pas de *lui* l’entourer de panneaux solaires

À mon sens tu devrais ordonner par ordre de réalisme->futurisme, genre d’abord l’arrêt des émissions (qu’on comprend, contrôle et qu’il serait « simple » et pas du tout illusoire, à mon sens, d’arrêter, si c’est fait à grande échelle), puis le recyclage, puis la recapture, puis les aérosols, puis la déviation, puis les panneaux solaires orbitaux terriens, puis les solaires (wait, comment on dit comme terrien, mais pour le solaire, alors que solaire veut déjà dire « de l’énergie lumineuse du soleil » ???), puis l’éloignement de la terre, puis la réduction stellaire…

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Le Hollandais Volant écrit :

@galex-713 : c'est parce-que je met de côté tout facteur économique ici.

Les biocarburants tel que produits aujourd'hui ne sont pas propres mais vendus à bon prix.
Les biocarburants propres peuvent être produits, mais comme tu dis c'est pas économiquement viable.

Ça n'empêche pas que la technologie existe.

Oh et elle n'est pas rentable seulement parce que l'énergie primaire est limitée (et c'est ce qui lui donne son coût).

Mais à force d'installer des panneaux solaires partout, j'espère qu'un jour on pourra avoir un excédant d'énergie primaire qui pourrait servir à capter le CO2 et l'eau atmosphérique et le transformer en éthanol, en propane et en dihydrogène. Ça ne sera pas forcément des "bio"-carburants, mais bien des carburants propres (neutres).

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galex-713 écrit :

Moi j’ai plutôt l’impression du contraire : les gens se sentent concernés, mais ne comprennent pas trop comment ça marche, ont une vague intuition de l’influence et de l’irresponsabilité de l’industrie là-dedans (au moins indirecte : genre le prix des biocarburants, des voitures électriques, le fait qu’on attende d’eux des trajets longue-distance quotidiens (par rapport auxquels les autres trajets restent négligeables Laurent (et franchement à ce niveau, conserver ses habitudes je le comprend… et faire autrement pour un weekend une fois que les trajets quotidiens se font autrement, ça se comprend mieux))), et au final quoi qu’ils veuillent on sent que les décideurs s’en foutent (ya qu’à voir toutes les dernières mobilisations…) quoi qu’ils fassent…

@Weemix : à mon sens justement, ceci est moins un article écologiste qu’un article de SF, avec un p’tit thème écolo en arrière fond. Ça ne défend pas la transition écologique de front (quoi qu’un peu), mais ça participe à en faire un thème omniprésent. En ça, même sans les bons arguments, c’est bien. Au bout d’un moment, répéter la même chose 100% du temps (même si se répéter paie) devient chiant, et varier les sujets de façon un minimum aléatoire aide à s’habituer. C’est un peu l’effet martine à la plage, martine à la forêt, martine chépaquoi… on s’habitue à martine et oublie sa présence plutôt que de dire « ah ptn encore cette martine, marre », parce qu’on comprend qu’au fond le sujet qu’on nous présente c’est la plage, la forêt, et martine n’est qu’une ancre de familiarité… ici le réchauffement climatique joue le rôle de martine. Alors on finira par avoir réchauffement mode SF, mode historique, mode actualité, mode politique… et ce sera pas plus mal. En plus ça nous aidera à nous défendre contre le mouvement climatonégationniste qui nous arrive doucement d’outreatlantique

Un truc où chuis d’accord en revanche c’est qu’on pourrait au moins mettre un peu plus l’accent sur la première solution, plus réaliste, d’arrêter l’émission de CO2. Au moins avec quelques phrases. Genre « on comprend comment ça se passe, ça ne demande aucune nouvelle connaissance technologique, aucune dépense unique pharaonique (comme le reste genre), très peu d’inconnues… » pour faire comprendre que ce qui manque, c’est surtout la volonté des riches, des puissants, à mon sens (et éventuellement de la masse pour accepter de voir venir)

Un autre truc qui manque, c’est que tu fais le saut « pour arrêter les émissions de CO2 il faut d’autres sources d’énergie décarbonée » trop vite. Déjà les mouvements de la décroissance, voire du néomalthusianisme prennent de l’ampleur dernièrement… on pourrait aussi parler de la lowtech plus en général. Ya des gens pour qui la réponse est simplement de réduire la population mondiale drastiquement… et c’est une solution, avec laquelle il est facile d’être en désaccord, mais qu’il vaut donc mieux à mon sens expliciter tôt.

Et quelque chose qui est très très peu mis en avant à mon sens c’est la réduction de la consommation, par rapport à sa substitution à des choses décarbonnées : ya pleins de trucs où tu dois t’imaginer comme moi qu’on peut faire « pareil » pour moins d’énergie, modulo une meilleure maîtrise de chaque équipement, une révolution de la logistique, davantage de mutualisation ou une emprise moins vénère des puissants. Passer de la voiture au train ou vélo (électrique potentiellement : à un moment c’est une moto), de l’avion au bateau (pas besoin de délaisser les voyages intercontinentaux si on accepte de les faire en quelques semaines : tout le monde peut voir du monde, mais pas à la toussaint, pas forcément tout l’été (ou alors c’est un voyage d’affaire), plutôt en année sabatique) ou dirigeable, moins de diversité d’électroménager pour plus de rentabilité (et moins d’arnaque), remplacer le cloud par de l’autohébergement systématique et de la backup automatisée par des proches (ça demande de déployer IPv6), arrêter les immeubles de bureau (surtout chauffés la nuit, avec leur propre baie de serveur perso, et leurs tours allumées la nuit, sans parler d’éclairage potentiellement non-LED), refaire l’isolation partout (eh oui, ça c’est conséquent, très très conséquent, mais ce n’est absolument pas de la substitution par un truc décarboné), ne pas produire la bouffe qui sera de toute façon jetée juste pour encourager à consommer davantage du reste…

Je dis pas que ça suffit, mais c’est très très souvent tu justement dans une optique de croissance (j’en suis pas à me revendiquer décroissant, ya trop souvent des problèmes avec, mais pas de la croissance non plus : genre ok gaspiller pour produire plus, si c’est maîtrisé, su, validé socialement, pourquoi pas… si c’est pas une généralité, un outil de manipulation, hors de contrôle, etc. ou tout simplement fait perdre de la résilience à l’économie)…

Enfin bref, le truc important à dire je pense, à la fin de ce paragraphe, c’est qu’on peut pas arrêter d’un coup le fossile *parce que* dans ce cas il faudrait drastiquement réduire la population, *parce que* notre modèle agricole est largement basé dessus et qu’on ne *peut pas* avec les connaissances actuelles, nourrir 8 milliards d’humains de façon non-industrielle (et que la population n’a pu augmenter qu’avec l’agriculture intensive inventée en France au moyen-âge, puis à l’industrialisation, puis à la révolution (pétro)chimique, l’extraction d’azote de l’air, etc. le tout demandant bcp bcp d’énergie… et qu’avec de la cueillette on ne nourrit que quelques centaines de milliers d’humaines, et sans industries que quelques centaines de millions…). Ça me semble mieux que de juste balancer les choses comme des évidences, taire les interactions, et donc faire le jeu de l’idéologie dominante néo-libérale et pro-croissance-illimitée en apprenant aux gens à accepter des conjectures comme ça… et donc pas autant faire preuve d’imagination qu’ils le pourraient

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galex-713 écrit :

heu, les biocarburants propres pas rentables parce qu’on perd bcp d’énergie dans leur production (par rapport à ce qui est restitué par leur consommation), ok, « pas économiquement viable » par contre ça me paraît évidemment contextuel : si on interdit le pétrole tout de suite, est-ce qu’il est vraiment plus économiquement viable de remplir tous les objets mobiles de lithium bcp moins dense énergétiquement que de « gâcher » de l’électricité bon marché (genre nucléaire) à produire du biocarburant très dense énergétiquement ? *là* ce serait *vraiment* pas économiquement viable. En l’attente, il me semble surtout que c’est pas « financièrement » (ie. par rapport à l’argent (finance), pas à ce qui est faisable en terme de ressources (économie)) viable parce qu’on a décidé qu’on pouvait encore se servir de pétrole à la place dans la majorité des secteurs…

Pourquoi ce serait pas forcément des « bio »carburants ?

tu parles d’éthanol et de propane mais pas d’huile ou de micro-algues (plus efficace et sûr)

et aussi il me semble qu’on sait produire du méthane propre à base de captation dans les élevages (nourris à la matière organique chlorophilienne, donc dans le cycle du carbone), non ?

Si tu mets de côté l’économie (donc le réalisme, si je comprends rien) comment tu ordonnes tes sections ? c’est au hasard ?

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Le Hollandais Volant écrit :
Pourquoi ce serait pas forcément des « bio »carburants ?

Bio implique la vie. L’éthanol actuel est produit à partir de plantes. Une partie du méthane est produit à partir de la dégradation bactérienne de déchets organiques.

Utiliser du CO2 atmosphérique pour faire de l’essence ou juste de l’eau pour faire du H2 + de l’énergie (lumière, électricité), ça n’a pas besoin d’éléments vivants. On le fait dans un tube à essai, on chauffe et hop. C’est purement chimique.

Concernant le côté économique : si on interdit le pétrole, le monde va brûler (paradoxalement). Toute notre société mondialisée est basée sur le pétrole. C’est inenvisageable : ça va commencer par des guerres mondiales, des embargos et tout le monde va mourir.

Si demain tu viens avec de quoi remplacer le pétrole du monde de façon propre, c’est autre chose : c’est juste la loi du marché : le consommateur moyen s’en fiche, il achètera si c’est moins cher et que ça marche avec la voiture qu’il a. Faut juste que tu puisse produire suffisamment pour tout le monde.

Par contre les rois du pétrole viendront t’assassiner et tu verras des lobbies dire que ton produit c’est de la merde et que c’est dangereux (exactement comme dans le [mauvais] film « Cars 2 », de Disney-Pixar).
Par ailleurs, le gouvernement viendra aussi toquer chez toi car fabriquer un carburant, c’est interdit pour les pauvres. Utiliser de l’huile de friture dans ton diesel, ça marche. Utiliser de l’éthanol distillé chez toi dans ton moteur essence, ça marche aussi. Mais c’est interdit, question de taxes. Donc faudra te mettre en conformité là-aussi. Sans compter remplir les conditions normatives sur la sureté de ton produit, sa fabrication, son usage dans une voiture… Bref, bon courage, vraiment.

On a affaire à tout un système tournant autour du pétrole de A à Z et très bien huilé (calembour) qu’il n’est pas simple à démonter.
Y a donc un soucis technique (produire, produire propre et produire pas cher, ça n’existe pas encore), mais c’est pas tout. Or je ne veux pas traiter du rester dans mes articles ici. C’est pas l’endroit.

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galex-713 écrit :

Quand je dis interdire, c’est évidemment hypothétique et « dans l’idéal », et dans cet idéal là, les entités qui l’interdisent sont justement celles qui pourraient faire la guerre, donc personne fait de guerre. Je pense que c’est exagéré de dire « tout le monde va mourir » pour un bail comme ça (d’autant plus que qui interdit sinon les États ? qui peut faire la guerre sans les États ?), largement plus que de dire qu’on va tous mourir si on ne les interdit *pas* et qu’on continue.

Prétendre qu’il faut espérer que, magiquement, *comme par hasard* les inventions meilleures énergétiquement ne viennent pas du carbone fossile est à la fois naïf, et c’est libéral de dire que c’est nécessaire et la seule façon de changer l’économie. Pourtant d’ordinaire tu ne suis pas d’agenda/idéologie néolibérale.

Idéalement si le peuple poussait les États (bon là les manifs on voit que ça suffit pas), yaurait pas ça, si l’État fait ça de lui-même car il y est contraint… ou qu’il perd son pouvoir car le peuple ne s’y fie pu (idéalement, encore).

Pour tout le reste chuis d’accord (j’étais juste pas au courant pour la synthèse d’ethanol inorganique)

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Lythari écrit :

Le monde n'est pas prêt pour un changement en douceur.
Nos dirigeants préfèrent attendre les 20-25 ans qui restent avant l'extinction de l'humanité pour que les choses changent d'elles-même.
Malheureusement, si on élimine 70 à 90% de la population, les choses seront plus facile à changer.

Il ne suffit pas d'arriver avec une solution miracle moins chère que le pétrole, il faut aussi compenser l'effet néfaste des lobbys.
Si 1L de diesel qui coûte 15€ (en comptant le nettoyage et la compensation des effets néfaste sur le climat) est vendu 1,5€ à la pompe, une solution propre 3 fois moins chère n'a aucune chance de prendre. Il faut être au moins 10/12 fois moins cher.

Réduire les impôts des riches pour faire du ruissellement est toujours une solution plébiscitée même si on a prouvé que ça ne peut pas marcher. Par contre investir 15 000 ou 20 000 milliards par an pour sauver le monde, là il n'y a plus personne.

Il faut continuer à stigmatiser les gens qui produisent à eux seuls presque 1% de la pollution et encourager les 99% restant à polluer 10 fois plus sans conséquence.

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galex-713 écrit :

+1 (à part le truc du 1%/99% où j’ai pas compris de qui/quoi on parle)

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man-x86 écrit :

Cet article est intéressant et centré directement sur les gaz à effet de serre, mais j'ai l'impression qu'il y a d'autres moyens en plus que ceux cités.

On entend souvent que la population mondiale "devrait se tasser dans quelques décennies", est-ce que ça ne sera pas trop tard ? Chaque individu est amené à consommer et à polluer de part sa présence, mais comme le système (politique, économique, militaire) fonctionne avec celui qui a la plus grosse population, personne à part la Chine ne veut y toucher. Même en disant qu'un Américain consomme et pollue comme 10 Maliens (qui rèveraient de polluer comme un Américain s'ils pouvaient, comme les Indiens qui y ont réussi).

Il y a aussi tout le gaspillage habituel où on préfère souvent tout casser puis reconstruire (bâtiments, infrastructures, objets) plutôt que de les améliorer, entretenir et réparer. Le recyclage est une chose, mais un cycle de vie optimisé permet d'économiser beaucoup d'énergie grise.

Le pétrole permet aussi d'obtenir de la matière première, c'est bien plus que de l'énergie et du CO2. C'est comme si on ne faisait que brûler le bois au lieu de s'en servir pour construire des choses avec.

J'ai aussi une autre question concernant tous les autres gaz à effet de serre (HFC de clims, présents aussi dans des laves/sèche-linges haut-de-gamme, HC volatiles naturells, animaux, parasites des transports/industrie, ou par tous les réfrigérateurs et bombes aérosols). Que représentent-ils par rapport au CO2 émis ?
J'ai le souvenir d'une petite clim de batiment avec un autocollant marquant une quantité de CO2 équivalente au gaz présent, qui représentait pas loin d'une tonne de CO2 pour quelques centaines de grammes, ça m'a paru ahurissant, surtout vu le peu de soin avec lequel c'est manipulé.

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Le Hollandais Volant écrit :

@man-x86 : il y a des pollutions qu'on a réussi à maîtriser, comme les CFC ou encore le plomb des carburants (d'où le "sans-plomb" désormais).

Mais ils n'étaient que des additifs ou des trucs utilisés en quantités faibles et facilement remplacés.

Le CO2 est le plus important en volume et surtout le seul sur lequel on puisse agir. L'eau en est un, mais à moins de recouvrir les océans d'une bâche, on ne réglera rien. Le méthane est un problème aussi, mais à moindre échelle et surtout il est lié au CO2.

Le truc surtout c'est que si le CO2 monte, l'eau monte aussi (plus chaud, donc davantage d'évaporation) et le méthane aussi (il est piégé en masse dans le permafrost sibérien par exemple) et se libère si la température augmente.

Certains gaz comme l'hexafluorure de soufre (SF6) ont un effet de serre bien plus important. On parle d'un facteur 22 000 par rapport au CO2. Et bien qu'on évite de le gaspiller aujourd'hui, le CO2 reste de très loin le plus émis.

Aujourd'hui 30-40% du CO2 atmosphérique est d'origine humaine. C'est très loin d'être anecdotique.

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Yves Egée écrit :

Ben moi, j'ai décidé de ne pas avoir de descendance pour ne pas perpétuer mes conneries.

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galex-713 écrit :

les conneries ça ne se transmet pas, bien au contraire

le résultat c’est que c’est ceux qui ne réalisent pas qu’ils en font, qui transmettront leur ignorance… :/

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Yves Egée écrit :

Pour répondre à galex, je tiens à préciser qu'en terme de "conneries", je voulais juste dire que dans les 60 premières années de ma vie, j'ai suivi les injonctions de la société à m'instruire pour travailler et dépenser l'argent ainsi gagner en logement/voiture/loisir. J'ai simplement éviter de perpétuer ce schéma à travers une descendance en "sentant" que ça ne pourrait pas durer.

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galex-713 écrit :

ben justement, le fait que tu t’en rendes compte, ça fait d’autant plus de chances pour qu’une éventuelle descendance (mais pas que hein, les proches aussi, et la leur, etc. les idées ça se transfère horizontalement autant qu’on veut) ne fasse pas pareil, n’aie pas les mêmes objectifs. Quand tu décides que le travail et la thune sont plus les buts les plus fiables, ça donne de l’imagination pour tenter de s’en sortir par d’autres moyens… :) J’dis pas non plus qu’on en est déjà au retour sur les communautés comme dans les années 70, mais on a pleins de façons différentes de s’instruire (la façon dont le logiciel libre fonctionne est un bon exemple), ou de se comporter face au travail (genre le syndicalisme), et ça peut faire changer les choses plutôt que d’aider à les perpétuer

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galex-713 écrit :

un oubli : « Si j'ai le choix entre A et B et que je choisi systématiquement A, je ne peux pas me plaindre que les «décideurs» ne passent pas de lois pour obliger B. »

ben en fait si, un tas de trucs marche comme ça, ya que les bails individual(istes) qui sont autrement. Mais le travail des enfants n’a pas été aboli grâce à un boycott, mais grâce à une pression l’interdisant. Tant que c’est pas interdit, ça permet également de descendre le salaire des adultes (qui autrement n’ont pas de quoi nourrir les enfants), et il est illusoire de leur demander de faire autrement… en revanche quand la gauche a eu suffisamment de pouvoir… couic. Et d’un coup pu d’enfants qui travaillent.

Ya un paquet de trucs auxquels on est obligés par la pression sociale et le seul moyen d’arrêter sans être écrasés/remplacés par les autres c’est de se coordonner pour arrêter (ou commencer) tou·te·s en même temps : un bon exemple est tout ce qui a trait au syndicalisme.

Parfois, une loi change la société de telle sorte à ce que le choix individuel le plus intéressant (risque d’illégalité mise à part) change aussi

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Le Hollandais Volant écrit :

@galex-713 :
Je pense que ce que tu veux dire est que cela revient exactement à faire comme dans le film « Idiocracy ».
C’est à dire à former une société où les "cassos" se reproduisent à vue d’œil et où les "intellectuels" repoussent sans cesse la procréation à un moment où « tout ira mieux » (moment qui ne viendra jamais, dans le film).
L’idée générale étant qu’au bout de quelques siècles, toute la population finira par être constitué exclusivement d’idiots sans personne pour remonter le niveau.

Si j’ai moi-même bien peur que notre monde se dirige vers ça, je ne peux pas en rejeter la cause sur ces gens équipés d’un cerveau, mais s’empêchant de le transmettre à une descendance qu’il refusent d’avoir.
Ces gens font généralement déjà assez pour sauver le monde présent qu’on ne peut pas légitimement leur demander de sauver le futur (que le reste du monde est déjà en train de brûler joyeusement).

Si quelqu’un fait une merde, c’est SON problème. Ce n’est pas le problème de celui qui choisit de rester en retrait. En gros, le fameux « c’est l’inaction des gens de bien qui permet au mal de triompher » est une absurdité, chacun doit rester à sa place.

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galex-713 écrit :

chuis pas d’accord avec ta conclusion mais chuis d’accord avec la non-culpabilisation. Tout ce que je dis, c’est la version positive de ça : les gens de bien qui ont des enfants peuvent avoir des enfants pas trop ignorants.

Un gros désaccord que j’ai avec le film idiocracy est qu’il met l’accent sur le QI (je me demande d’ailleurs si ya pas un fond raciste à cette prémisse (notamment avec l’idée très populaire là-bas que les afrodescendant·e·s auraient un QI très inférieur à celui des autres)) et rend l’hérédité toute puissante. C’est bien évidemment pas comme ça que ça se passe, et c’est aussi pour ça que chuis d’accord avec ce que tu dis malgré tout : les gens qui ne font pas d’enfants peuvent être tout aussi, voire même vraisemblablement *davantage* efficaces à transmettre leurs idées aux autres, y compris aux enfants des autres (même une fois adultes).

…et, il en découle que, pour cette exacte même raison, ne pas faire d’enfants ça peut être très cool *justement* *parce que* l’inaction est mauvaise, et que ne pas faire d’enfants n’est pas une inaction : c’est un choix en faveur d’autre chose…

Ce que je conteste en revanche, c’est de ne pas faire d’enfants pour des raisons négatives : je pense vraiment que ça peut en valoir la peine, que ça peut être bien fait, que ça peut être utile. En revanche, pour le versant positif : dédier sa vie à autre chose peut l’être encore davantage.

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Laurent écrit :

@galex-713

Je persiste à penser que
Si j'ai le choix entre A et B et que je choisi systématiquement A, je ne peux pas me plaindre que les «décideurs» ne passent pas de lois pour obliger B.

Par contre, je vais préciser que je laisse à chacun le soin de savoir ce qu'il met derrière le mot «choix».
Chaque personne a sa situation, ses contraintes, ses facilités, etc.

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Le Hollandais Volant écrit :

@galex-713 : Le QI a cet avantage d’être simple à comprendre Ce qui est absolument essentiel dans un médium grand public : si on fait un long métrage bardé de termes propre aux neuropsychiatres, le box-office ne va pas aller loin.
Mais comme toutes les choses simples, elles ont leurs limites (pour avoir vulgarisé deux ou trois petites choses en ligne, tracer la limite entre « simplicité » et « exactitude » m’est un combat permanent…).

@Laurent : C’est sûr !
Pour ma part, je n’ai pas d’enfants, et à vrai dire, je ne pense pas en vouloir, et ce pour un grand nombre de raisons. Et me dire que ça aide dans le problème du CO2, pèse dans le sens qui me retiendrait de changer d’avis si je le voulais.

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galex-713 écrit :

Mais le QI ne veut pas dire grand chose, et une mauvaise info est moins bien que pas d’info du tout

Je te défies de tenter de dire quoi que ce soit de pertinent dans le traitement d’idiocracy du QI tout en restant scientifique et sans finir par rejoindre des théories racistes pseudoscientifiques (vraiment, la principale propriété du QI dans idiocracy étant d’être héréditaire biologiquement… de quoi faudrait-il se méfier qui serait héréditaire biologiquement et risquerait de se répandre ? je ne dis pas qu’idiocracy va carrément dans l’apologie de l’eugénisme, mais s’il me chantait d’inventer un truc que j’appellerais disgénisme, qui serait le contraire d’eugénisme, idiocracy serait essentiellement un plaidoyer contre ça… pourquoi ? dans quel but ?). Je pense que c’est impossible. La psychiatrie, comme la psychologie, étant utilisées comme des instruments de répression et donc très très politiques et très très instrumentalisés, ne sont pas très scientifiques. La neurologie n’aide pas tellement et a encore beaucoup de mal a définir (notamment les origines) d’une quelconque pathologie psychiatrique… Non, s’il n’y a rien à dire scientifiquement, il n’y a rien à vulgariser. S’il y a à vulgariser, c’est qu’il y a quelque chose de scientifique derrière.


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