2 commentaires

feuilles d’automne
Aujourd’hui, le dimanche 23 septembre 2018, nous sommes officiellement en automne. On appelle ce jour l’équinoxe d’automne. Cette saison sera terminée dans trois mois et l’on passera en hiver après avoir passé le solstice d’hiver.

Solstices et équinoxes sont les noms de ces jours qui marquent le changement de saison. Mais savez-vous différentier solstice ou équinoxe ? Pourquoi a t-on un équinoxe de printemps et pas un solstice de printemps ? ou n’a-t-on pas d’équinoxe d’été ?

La réponse sera donnée ici, mais avant ça, un peu d’astronomie : pour bien comprendre, on en a besoin.

Les conséquences des saisons sur la position des astres

Le début des quatre saisons de l’année est marqué un phénomène astronomique bien précis qui a pour cause l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre par rapport au plan de l’écliptique (le plan de rotation des planètes par rapport au Soleil).

Ainsi, l’on a :

  • le solstice d’été, marquant le moment où l’hémisphère nord est dirigé directement vers le Soleil. Le Soleil passe au zénith sur le tropique du Cancer à ce moment (seule fois de l’année où ça arrive).
  • l’équinoxe d’automne : c’est le moment où le Soleil passe au zénith en traversant l’équateur, de l’hémisphère nord vers l’hémisphère sud.
  • le solstice d’hiver : le moment où l’hémisphère sud est dirigé vers le Soleil. Le Soleil passe au zénith sur le tropique du Capricorne.
  • l’équinoxe de printemps : le moment où le Soleil passe au zénith en traverse l’équateur, de l’hémisphère sud vers l’hémisphère nord.

Note : le zénith, la position du ciel situé exactement à la verticale d’un lieu. Le Soleil est dit au zénith quand il est parfaitement à la verticale du lieu. Un bâton planté verticalement pointe exactement vers le Soleil. Entre les tropiques, ceci arrive exactement deux fois par an pour un endroit donné. Sur les tropiques, cela arrive une fois par an (lors d’un des solstices, selon l’hémisphère) et sur l’équateur cela arrive lors des équinoxes).

En dehors des tropiques (comme en France), la rondeur de la Terre fait que la surface ne fait jamais face au Soleil : cette dernière n’est jamais parfaitement à la verticale.

Les définitions précédentes sont les définitions astronomiques. Le moment où le Soleil passe à la verticale d’un lieu est très précis, et c’est pour cela que le solstice ou l’équinoxe désigne en réalité un moment précis de la journée. Pour cette année, par exemple, l’équinoxe d’automne est le 23 septembre 2018 à 03h54 du matin (heure de Paris). Sur le calendrier civil, par commodité, on passe d’une saison à une autre durant la journée où ceci a lieu (donc le 23 septembre en entier, pour 2018).

Les conséquences des saisons sur la durée des jours et de la nuit

Tout ceci peut sembler un peu compliqué et déconnecté de nous, en tout cas pour ceux qui vivent loin des tropiques. Heureusement, il y a une définition plus simple si on habite en dehors de ces lignes.

Une autre des conséquences de l’inclinaison de l’axe de rotation de notre planète par rapport au plan de l’écliptique (le plan des planètes) est que la longueur du jour et de la nuit sont variables selon les hémisphères.
Ainsi, il n’aura échappé à personne vivant en France qu’en été, il fait jour de ~05h et jusqu’à ~22 heures, alors qu’en hiver, le jour ne se lève que vers ~08h pour se coucher autour de ~16 heures.

Les durées du jour et de la nuit varient donc, passant par un maximum et des minimums et aussi par un jour où la journée est égale à la nuit. Ce sont ces paramètres qui marquent les saisons :

  • le solstice d’été marque le jour où la journée est la plus longue et la nuit la plus courte.
  • l’équinoxe d’automne est le jour où la journée et la nuit durent aussi longtemps l’un que l’autre (avec la journée variant en diminuant).
  • le solstice d’hiver marque le jour où la journée est la plus courte et la nuit la plus longue.
  • l’équinoxe de printemps est le jour où la journée et la nuit durent aussi longtemps l’un que l’autre (avec la journée variant en augmentant).

Avec ceci, on comprend que les jours augmentent du début de l’hiver à la fin du printemps, et diminuent du premier jour de l’été à la fin de l’automne.

Bon, équinoxe ou solstice ?

Si vous connaissez l’étymologie de ces deux mots, la réponse saute aux yeux avec les deux explications précédentes.

L’équinoxe, pour commencer, ou, du latin, « equi nox », avec equi signifiant « égal » et nox signifiant « nuit ». Un équinoxe signifie donc « la nuit [est] égale [au jour] ». Si l’on remarque que les journées à peu près égales aux nuits sont plutôt un truc de printemps ou d’automne, on déduit que l’on a un équinoxes de printemps et un équinoxe d’automne.

Et le solstice ? Là aussi, cela vient du latin : « sol stice », où sol est le nom du Soleil et stice signifie « arrêt » (on retrouve le suffixe « stice » dans « armistice » : « l’arrêt des armes »), c’est à dire la fin de la guerre. Solstice signifie donc « le Soleil s’arrête ».

Pour comprendre cette expression imagée, il faut voir le Soleil tout au long de l’année : au printemps, les jours s’allongent et le soleil monte chaque jour un peu plus haut dans le ciel. Il arrive un jour où cette progression s’arrête : le Soleil s’arrête de monter dans le ciel. D’où « le soleil s’arrête ».
Même chose en hiver : au cours de l’été et de l’automne, le Soleil descend de plus en plus, et il arrive un jour où il est au plus bas et s’arrête de descendre, et il finit par remonter à partir des jours suivants.

Au passage… sur cette dernière chose, où le Soleil s’arrête de descendre dans la ciel…
Quand on est un païen durant l’antiquité et que le Soleil est crucial pour les récoltes et donc la survie, et qu’en plus on attribue des divinités aux astres, alors le Soleil qui baisse au cours de l’automne semble désastreux : et s’il ne remontait jamais ?? et si le Soleil était vaincu par un autre Dieu ??

Lorsque les païens voyaient le Soleil s’arrête de descendre autour du 21 décembre lors du solstice, pour commencer à remonter 3~4 jours plus tard (donc proche du… 25 décembre !), signifiant alors le retour prochain des beaux jours, ils disaient quelque chose comme « dies natalis solis invicti », signifiant « le jour de la [re]naissance du Soleil invaincu ».
Il était alors question d’une grande fête populaire autour du 25 décembre, et c’est bien cette fête (déjà célébrée chez les romains, les grecs, les égyptiens…) qui est à l’origine de Noël ! Ce sont les chrétiens qui, bien plus tard, ont placé leur fête à la même époque (histoire de s’attribuer ces festivités et mieux se répandre).

Autres articles liés

image d’en-tête de Let Ideas Compete

2 commentaires

gravatar
Marc wrote:

Bonjour et merci pour ces articles toujours bien écrit et illustrés.
Une question , quel est l'i fluenve des années bisextiles sur la date des équinoxe et des solstice?

gravatar
Le Hollandais Volant wrote:

@Marc : D’un point de vu astronomique, absolument aucun ^^
Par contre, sur le calendrier, il y a une influence. Les années bissextiles sont là car l’année n’est pas un nombre entier de jours. Chaque année voit donc une fraction de jours dépasser. Par commodité, quand ces fractions constituent une journée entière, on l’ajouter au calendrier le 29 février pour remettre le compteur à zéro.

Ça signifie que l’année précédant une année bissextile, on a 3×6 = 18 heures de décalage entre le jour de l’année civile et la position de la terre sur son orbite (par exemple : la position de la Terre sur son orbite le premier janvier à minuit sera 18 heures en 2017 était 18 heures plus tôt que la position de la Terre à la même date en 2016, juste parce qu’il y a eu le 29/02 en 2016 entre les deux).

Tous les événements sont donc décalés d’au maximum 18 heures à cause de ça. Si 2018 avait été bissextile, alors le passage à l’automne aurait probablement eu 18 heures plus tôt, et donc le 22 septembre plutôt que le 23.

Ensuite, la compensation du « 6 heures tous les 4 ans » est un peu trop importante. C’est pour ça que certaines années normalement bissextiles ne le sont pas (les années 1800, 1900 et 2100 par exemple). À cause de tout ça, il arrive que le décalage devienne beaucoup plus important :

D’après cette page : https://media4.obspm.fr/public/ressources_lu/pages_saisons/dates-saisons_impression.html

Le printemps tombe généralement un 20 ou le 21 mars, mais il est parfois tombé un 19, comme en 1792 et 1796, et aussi en 2044)
Les dates du solstice d'été : généralement le 21 juin, mais il peut avoir lieu aussi un 20 (1896, 2008), un 22 (1975, 2203, 2207, 2211, 2215, 2302) ou un 19 juin (2488, 2492, 2496).
L’Automne : en général le 22 ou le 23 septembre, il peut tomber le 21 (2092, 2096, 2464, 2468, 2472, 2476, 2480, 2484, 2488, 2492, 2493, 2496 et 2497…), un 24 (1803, 1807, 1903, 1907, 1911, 1915, 1919, 1923, 1927 et 1931 puis 2303).
Hiver : en général il tombe le 21 ou le 22 décembre, mais peut tomber aussi le 23 (1903, 2303, 2307, 2311 et 2315) ou un 20 (1664, 1668, 1672, 1676, 1680, 1684, 1688, 1692, 1696 et 1697, 2080, 2084, 2088, 2092, 2096, 2488, 2492 et 2496).

On peut constater, par exemple pour l’été, que les dates très en avance (un 19 juin) ont lieu généralement avant le début d’un siècle, et les dates très en retard (22 juin) ont lieu généralement au début d’un siècle. Même remarque quasiment pour les autres saisons.

Ceci est dû à la règle des années bissextiles.
Une années est bissextile si l’année est divisible par quatre. Ainsi, 2000, 2004, ou encore 2016 et 2020 sont bissextiles.
MAIS, une année divisible par quatre qui est aussi divisible par cent (1800, 1900, 2000, 2100…) ne sont plus bissextiles !
MAIS, une année divisible par quatre et par cent qui est aussi divisible par 400 redevient bissextile (1600, 2000, 2400…) sont bissextiles. L’an 2000 était bissextile grâce à cette dernière règle là !

(je parle de tout ça là : Les années bissextiles : pourquoi, comment ?.)

Donc ces années là, un peu particulières, sont donc là où le décalage entre l’année solaire et l’année civile est la plus importante, d’où ces décalages et ces compensations.


Votre commentaire sera visible après validation par le webmaster.