Physical « bitcoin » coins.
Régulièrement, le sujet revient sur la scène médiatique : le bitcoin, les cryptomonnaies et la blockchain font alors de nouveau les unes des blogs et journaux en ligne, car ils battent des records de prix.

Pourquoi ? Comment ça marche ? C’est quoi un bitcoin ? C’est quoi la blockchain ?

Une histoire de chaîne

La « blockchain » est le mot anglais pour « chaîne de blocs ». En effet, il s’agit d’un ensemble d’éléments, uniques et identifiés : ce sont les blocs. La notion de chaine vient-elle du fait qu’un bloc donné dépend du bloc précédent.

Par exemple, le bloc n°42 n’a pu être créé que si le bloc n°41 était là. Et le bloc n°41 n’a pu être fait que s’il y avait un bloc n°40, et ainsi de suite.
Un peu comme votre généalogie : vous êtes là, car votre mère et votre père étaient là avant vous. Et vos parents étaient là, car leur père et leur mère étaient aussi là avant eux, et ainsi de suite. Bien-sûr, il a fallu créer ex-nihilo le premier bloc de la blockchain.

Une histoire de calculs

Dans la blockchain, les différents blocs sont calculés : ce sont des solutions d’équations mathématico-informatiques, et le fait de trouver une solution à ces équations revient à créer un bloc de la chaine.

Comment ça marche ?

On peut prendre une analogie. Imaginez-vous en classe de math. Le professeur propose de jouer à un jeu pour gagner des bonbons.

Le jeu se joue par tours et le principe est le suivant.

Le professeur initie le jeu en inscrivant un nombre au tableau. Le but du jeu est de prendre ce numéro, d’en calculer le triple, puis de juxtaposer le dernier chiffre du nombre au tableau au résultat. Le premier élève à trouver la solution gagne un bonbon et le tour est fini. Le jeu continu alors avec le même principe, mais en utilisant le résultat précédent comme nombre de départ du calcul.

Par exemple, le professeur a écrit le nombre « 14 » au tableau.

On calcule donc 14×3, ce qui fait 42, et l’on juxtapose le dernier chiffre de 14 à ce résultat : 4-42, soit 442. C’est le résultat attendu.

Une élève, Alice, lève la main et donne 442 comme résultat et gagne un bonbon. Le tour s’arrête, tout le monde arrête les calculs.

Le professeur barre alors 14, écrit 442 et on recommence. Cette fois-ci, on prend 442×3 et l’on juxtapose le 2 au résultat, ce qui donne 21 326.

Cette fois, c’est Bob qui lève la main et donne le résultat. Le tour s’arrête et le jeu continu.
Au troisième tour, Eve donne comme résultat 663 978. Au tour d’après, Alice donne 81 991 934 et ainsi de suite.

J’arrête ici pour le jeu, vous comprenez l’idée.

Sur le principe, ceci correspond à la blockchain, car un élément d’un résultat N (son dernier chiffre) est juxtaposé dans le nombre du calcul N+1.
Ainsi, si le nombre N était différent, le nombre N+1 aurait changé également, et par conséquent les nombres N+2, N+3 et tous les suivants également.

La chaine est infalsifiable. Si l’on change un élément à un moment donné, alors tous les autres blocs vont changer et devront être recalculés. Changer la blockchain se verra tout de suite et l’on repère les petits malins de cette façon, et l’on élimine les blocs ainsi falsifiés, ne conservant que les blocs validés :

Représentation de la blockchain.
Représentation d’une chaîne de blocs. La chaîne principale (en noir) est composée de la plus longue suite de blocs après le bloc initial (vert). Les blocs orphelins sont représentés en violet. (source)

Pour le bitcoin, c’est pareil : tous les participants à la blockchain doivent recevoir l’intégralité de la chaine de blocs afin de pouvoir calculer le nombre suivant. Ils doivent aussi en permanence communiquer pour se mettre d’accord sur le bon résultat et le valider. En réalité, c’est ce qui se passe : le réseau bitcoin communique en pair-à-pair (P2P) entre les participants, et chacun d’eux dispose d’une copie de la blockchain.

La récompense, pour avoir découvert — ou « miné » — un bloc c’est de recevoir une certaine quantité de bitcoin. Oui, si notre ordinateur trouve le résultat avant les autres, alors il gagne des bitcoins. C’est là que naît l’intérêt économique du minage.

Dans ce cas, la somme est créditée sur votre compte (votre « adresse » bitcoin). Ces Bitcoin peuvent être envoyés sur d’autres adresses, d’autres comptes. Mais dans ce cas, cette transaction devra être validée, là encore pour éviter qu’un bitcoin soit accidentellement dupliqué, et pour garantir l’unicité de la transaction. C’est ce qui rend le système aussi sûr.

Maintenant, l’unicité et la non-falsifiabilité de la chaîne est mise à profit pour authentifier des choses, en l’occurrence des transactions de bitcoin entre les participants. Si quelqu’un envoie un bitcoin à quelqu’un d’autre, ce bitcoin doit effectivement être transféré, et ne pas se perdre d’un côté, ou se retrouver en double de l’autre. Cette transaction est incluse dans le calcul et est donc « gelée » dans la blockchain.

La liste de l’ensemble des transactions peut ainsi être remontée et analysée, et chaque bitcoin a alors une origine connue et vérifiée. Il n’est donc pas possible d’inventer quelques bitcoins histoire de devenir riche de son côté.

Pourquoi c’est si cher ?

À l’origine, le bitcoin était une monnaie virtuelle. Les gens se mettaient d’accord pour échanger des biens et des services contre une certaine quantité de bitcoin, qui étaient alors envoyés d’un compte à un autre.

Il n’y avait pas de lien entre le dollar ou l’euro et le bitcoin. On échangeait juste des bitcoins.
Sauf que forcément, pour miner un bitcoin il faut un PC, de la puissance de calcul, de l’électricité, que l’on paye en dollar ou en euro. Par conséquent, les bitcoins que l’on a minés ont une valeur intrinsèque : au minimum la valeur que ça a coûté pour les produire.

Comme on l’a vu précédemment, plus on avance dans la blockchain, plus les calculs de minage sont compliqués, et plus il faut des ordinateurs puissants, et même des supercalculateurs ou des réseaux entiers de PC.

Avec le temps, découvrir de nouveaux bitcoins coûte de plus en plus cher, et l’on ne dépense donc plus ses bitcoins contre n’importe quoi : à une époque, on échangeait 10 000 bitcoin contre une pizza, alors qu’aujourd’hui, un seul bitcoin représente la valeur d’une voiture de luxe.

En plus de cela, la récompense pour avoir trouvé un bloc diminue avec le temps : ce qui était très rentable rémunérateur au début, l’est nettement moins aujourd’hui. Pour compenser cela, c’est le prix d’un bitcoin qui monte.

Leur coût croissant vient en partie de là. Inversement, c’est aussi pour ça que les mineurs sont encore là : ce qui est rare est cher, mais ce qui est cher est convoité. Les mineurs sont donc prêts à investir beaucoup d’argent pour espérer trouver des blocs et recevoir des bitcoins.

Parallèlement, le prix est entretenu par un système de spéculation où les investisseurs achètent du bitcoin dans l’espoir que le prix monte et pouvoir les revendre et dégager des plus-values. Aujourd’hui, le prix et la volatilité du bitcoin viennent surtout de ça : c’est l’offre et la demande qui fixent le prix, et le marché en fluctue beaucoup et très vite, dans tous les sens.

À la date d’écriture de cet article, un bitcoin coûte environ 53 000 €, et trouver un bloc rapporte 6,25 bitcoins. Réussir à trouver un bloc rapporte donc environ 331 250 €… au prix d’importants investissements en matériel informatique… et d’importantes consommations d’énergie, avec l’empreinte écologique qui va avec…

D’un point de vue technique

Sur le plan technique, le bitcoin et la blockchain a réussi à faire des choses intéressantes.

Pour commencer, le réseau est décentralisé et fonctionne en P2P : il n’y a aucune autorité pour décider combien vaut un bloc, qui peut les posséder, qui doit être banni. Ceci est le contraire des banques et des monnaies appartenant aux États : ces derniers peuvent vous bloquer votre compte, inventer de l’argent, provoquer de l’inflation, décider que l’argent ne vaut plus rien, etc.

Ensuite, les transactions sont publiques : les transferts de bitcoin d’un compte à un autre le sont également. Les « comptes » sont anonymes mais publics. Forcément, car chaque transaction doit être validé par l’ensemble du réseau. Là encore, ce n’est pas une banque centrale que décide si la transaction est bonne, mais le réseau entier qui s’accorde pour ça.
Le point précédent nous amène au fait le plus intéressant à mes yeux : l’unicité du bitcoin. Vu que le réseau valide le transfert d’un bitcoin d’un compte à un autre, on ne peut pas frauder le système : on ne peut pas transférer un même bitcoin à deux personnes en même temps pour être payé deux fois pour le même bitcoin.

En soi, le bitcoin a réussi le tour de force de « rendre des bits uniques » (en caricaturant), et ça ce n’est pas une chose anodine. C’est cela qui donne un certain intérêt cryptographique à la blockchain : les blocs sont uniques et peuvent servir à authentifier des transactions, des objets, bref, d’être sûr que tel ou tel chose est bien certifié, validé. Les applications sont multiples pour ça.

D’où vient le bitcoin ?

Le principe de la blockchain, du minage, des récompenses pour les calculs (les bitcoin gagnés), la validation des transactions date du début des années 1990. Mais la première implémentation réelle fut créée en 2008 par Satoshi Nakamoto.
D’ailleurs, ce Satoshi Nakamoto est encore inconnu aujourd’hui : on ne sait pas qui c’est, ni même s’il s’agit d’une personne ou d’une organisation. Toujours est-il que c’est Satoshi Nakamoto qui a mis tout ça au point.

Depuis les années 2010, la blockchain intéresse de plus en plus, à la fois sur le plan technique et par les spéculateurs, et aujourd’hui ce sont plusieurs milliers de réseaux de blockchain qui existent et sont utilisés, chacun avec des spécificités différentes (nombre de blocs totaux possibles, valeur des récompenses, difficulté de minage, nombre de transactions par minute…).

Enfin, au premier trimestre 2021, la blockchain dans son ensemble est un sujet chaud : le marché total est estimé à environ 2 000 milliards de dollars (fluctuant sur environ 20 % en plus ou en moins au cours d’une semaine…), et de plus en plus de monde et même d’entreprises cherchent à y participer, que ce soit pour s’enrichir en spéculant ou tradant, ou bien pour avoir une monnaie hors d’atteinte des gouvernements.

Image d’en-tête de Dmitry Demidko

16 commentaires

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Jeff écrit :

Là où le Bitcoin est idiot, c'est que les calculs effectués sont totalement inutiles. Si le minage de bitcoind se faisait en résolvant des équations aux dérivées partielles par exemple, cela aiderait la communauté scientifique en lui offrant les ressources de plusieurs supercalculateurs. En plus, vérifier qu'un ensemble de valeurs est bien solution d'une EDP (à la tolérance près bien entendu) nécessite beaucoup moins de temps de calcul que la résolution de la dite EDP.

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V écrit :

Bonjour,

Article intéressant merci, comme toujours d'ailleurs.
Duplication de "rendre" sur la phrase : "réussi le tour de force de rendre « rendre des bits uniques »" ?

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Isulacciu écrit :

Le bitcoin a-t-il de l'avenir ?

Personnellement je n'y crois pas trop. Et ceci en raison du coût en énergie, en temps et même écologique des calculs effectués à chaque transaction. Aujourd'hui le nombre de transaction est encore restreint, mais imaginez si 1 milliard de personnes dans le monde utilisent le bitcoin quotidiennement pour acheter leur sandwich à midi, leur stock de papier toilette en prévision de la prochaine pandémie, leur place de ciné, leur commande sur leur site de vente en ligne préféré, etc... Le parc informatique sera t-il en mesure de répondre à la demande de calcul nécessaire. Combien de temps sera-t-on prêt à attendre pour que la transaction soit validée.
A moins que l'ordinateur quantique ne vienne remplacer les PC individuel dans tous les foyers, mais pour l'instant ce n'est pas encore d'actualité.

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Le Hollandais Volant écrit :

@Jeff : L’intérêt du calcul ici n’est motivé que par le gain économique, c’est assez clair.

Le bitcoin n’est pas le seul cependant, et malgré la spéculation existante sur pratiquement toutes les blockchain, certaines se veulent comme ayant des intérêts plus « utiles ».

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vouzy écrit :

la faille dans cette technologie est.......l'energie. miner coutera de + en + cher De plus cela ressemble fortement à une pyramide de Ponzi. il n'y a aucune création de valeur. Enfin rendre infalsifiable un objet virtuel ou réel dans un monde ou l'obsolescence est l'alpha et l'oméga n'a aucun sens

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seb écrit :

@Jeff : Pour avoir du calcul utile, regarde du coté de Folding@Home.

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Gilles écrit :

Et encore tu ne parles pas des conséquences concrètes (pénurie de composants pour les cartes graphiques qui minent, donc pénurie aussi pour les voitures, les consoles, etc.).
Ou alors le bilan carbone de la Chine qui était désastreux à une époque car elle utilisait beaucoup de centrales à charbons -> passage au nucléaires -> bilan carbone qui devient positif -> développement de fermes de minage donc surconso d'énergie donc bilan qui repasse en négatif :D

Le capitalisme tuera bien l'humanité ;)

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galex-713 écrit :

Je pense que cet article aurait pû être plus simple. Tu donnes des exemples mais je suis pas convaincu qu’ils soient utiles pour concrétiser l’idée de ce que c’est. Et tu parles pas du fait que c’est du bruteforce.

Tu parles pas non plus d’un « défaut » des blockchains par rapport au mécanisme d’internet : ce ne sont pas des systèmes locaux (local-first, chépa comment dire) et donc purement décentralisés, mais globaux. Si tu coupes le réseau en deux, et que tu le refusionnes, ya qu’un des deux côtés qui gagne, ils peuvent pas fusionner organiquement comme internet le peut. L’aspect global, et la centralisation autour de la puissance de calcul, du système, sont des propriétés et contraintes importantes. Ie. si la chine a 51% de la puissance de calcul terrestre, elle contrôle la blockchain et peut la falsifier, monopoliser, etc. comme elle veut. Et tu le mentionnes pas.

@vouzy : c’est pas une pyramide de ponzi car c’est la spéculation et non le recrutement qui augmente la valeur. Ça pourrait se stabiliser et garder sa valeur et survivre, contrairement à une pyramide de Ponzi.

@Jeff : non pas forcément, les calculs en l’occurence, que je sache, sont des hash cryptographiques, donc les rares fonctions qui sont *faites* pour être difficile, et possible à trouver que dans un sens (donc par du bruteforce). Si on prenait un calcul utile, d’un problème mathématique ou scientifique non encore résolu, alors on risque qu’un jour il soit résolu et résolvable facilement… « heureusement » pour les scientifiques voire l’humanité en général… mais « malheureusement » pour la blockchain, qui pourra être abusée et truquée par n’importe qui, y compris à propos du passé (et alors ce sera à chacun qui l’aura archivée en temps voulu et pourra témoigner, mais on pourra plus fiablement transmettre et se fier à son historique).

En soit c’est possible de contourner ça : il faudrait des systèmes pour changer de méthode de calcul quand celle-ci devient trivialement résolvable (vu que tout précalculer par bruteforce devient du gaspillage), de la même façon qu’il en faudrait un pour quand un algo de hash est cassé (quand on trouve des collisions, notamment…), mais ça demande un peu plus de complexité… et la prise en compte que des pans entiers de la blockchain pourraient mourir…

Mais ya eu pas mal de propositions de calculs utiles à faire, dommage que ce soit jamais mis en œuvre. Je pense que c’est justement parce que c’est uniquement l’argent et le gain qui intéresse les mineurs, et donc ils préfèrent avoir un système plus sûr et pérenne techniquement mais moins écologiquement, qui gaspille et est à part ça inutile, que l’inverse.

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vouzy écrit :

galex-713: le recrutement (ponzi) et la speculation (bicoin) ne creent rien et sont basées sur une croissance infinie d'un concept qui est limité par le support qui lui est fini cqfd

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Origin écrit :

Merci pour l'article.
Il y a quelques trucs que je ne comprends pas.
Comment est créé le premier bloc ?
Le bitcoin, l'ethereum, le doge etc, ce sont simplement des formules (des premiers blocs) différentes ? Je me souviens de Baborlelefan qui avait créé sa propre cryptomonnaie pourtant elle ne valait que des pouièmes de centimes, pourquoi ?
Pourquoi un calcul inutile rapport-il de l'argent ? Je crois comprendre que si un euro vaut un euro, c'est parce que tout les utilisateurs de cette monnaie s'accordent sur la valeur des services/biens qu'un euro permet d'avoir (c'est une reconnaissance de dette en quelque sorte).

Là j'ai l'impression que c'est un peu une planche à billet "illimitée" et non régulée.
Ca s'apparente à l'art moderne non ? Tu fais n'importe quoi genre peindre un tableau en bleu ou coller une banane sur un mur, tu fais monter sa valeur artificiellement avec tes copains en disant qu'il vaut 50 000 €. Un de tes copains te l'achète ce prix puis le remet sur le marché et la d'un coup il vaut le double. En plus vu que c'est de l'art tu paies pas de taxe dessus. Du blanchiment quoi.

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Le Hollandais Volant écrit :

@Origin : Le premier bloc est créé de toute pièce. Effectivement c’est quelqu’un qui démarre la chaîne qui le produit. Celui du bitcoin est appelé « Genesis Block », et contient comme message le titre du NY Times du jour de la création (pour prouver qu’il n’a pas été créé plus tôt : https://en.bitcoin.it/wiki/Genesis_block

Le bitcoin, l'ethereum, le doge etc, ce sont simplement des formules (des premiers blocs) différentes ?

Oui, plus ou moins.
Le principe reste le même, mais la difficulté, la fréquence de production d’un bloc, le nombre total de blocks possibles, etc. diffèrent d’une chaîne à l’autre et sont (je suppose) paramétrables lors de la création.

Je me souviens de Baborlelefan qui avait créé sa propre cryptomonnaie pourtant elle ne valait que des pouièmes de centimes, pourquoi ?

Il faut que les gens veuille de ta cryptomonnaie. Si personne n’en veut, tu peinera à la vendre cher. Donc tu baisses le prix, jusqu’à ce que les gens se disent « bon, ok, je vais en acheter ».

Avec le Bitcoin ou l’Eth, qui sont très répandues, elles sont acceptées à peu près partout et reconnues. Aussi, les gens lui attribuent le prix qu’il a à tout instant. Si demain les quelques gros possesseurs de Bitcoin commencent à tout vendre, alors l’offre et le demande seront déséquilibrés et le prix va fortement chûter. C’est exactement comme en bourse ou aux enchères : les actions que tout le monde veut, montent en prix car chacun est prêt à y mettre des sommes de plus en plus folles. Inversement, un titre dont chacun veut se débarrasser voit son cours baisser car personne n’est prêt à y mettre beaucoup d’argent.

Au gré de l’offre et de la demande, le prix fluctue.

Maintenant il suffit que le PDG d’une grande enseigne de voitures électrique dise « Ok, demain on acceptera le bitcoin pour acheter des voitures », et tout le monde voudra des bitcoin pour acheter sa Tesla (oops je l’ai dit ^^). Du coup, les enchères montent et le prix explose.
L’idée dérrière la spéculation, c’est d’acheter pas chère (1$), de garder, puis de revendre quand le prix est haut (10 000 $). Certains sont devenus millionnaire comme ça. D’autres ont évidemment perdu de l’argent.

Pourquoi un calcul inutile rapport-il de l'argent ? Je crois comprendre que si un euro vaut un euro, c'est parce que tout les utilisateurs de cette monnaie s'accordent sur la valeur des services/biens qu'un euro permet d'avoir (c'est une reconnaissance de dette en quelque sorte).

C’est pas différent pour le BTC.
Si tu veux acheter un BTC, t’es obligé de mettre le prix que lui accorde celui à qui tu veux l’acheter. Et forcément, si y a deux personne qui vendent un BTC, mais un seul acheteur, alors l’offre dépasse la demande et l’acheteur fera baisser les prix en disant « j’achèterai à celui qui me proposera le meilleur prix ».

Idem pour l’euro et la baguette : généralement le client va là où le pain est le meilleur pour le plus petit prix (meilleur rapport qualité-prix).

Inversement, si y a 2 acheteurs et 1 vendeur, alors le vendeur dira « je le vend à celui qui me paiera le plus cher », et les deux acheteurs vont faire monter le prix comme aux enchères.
Et pour les baguettes de pain, ça arrive quand il n’y a qu’un seul boulanger, qui fait un certain nombre de baguettes mais qui a beaucoup trop de clients : il monte ses prix. Forcément, certains client vont trouver ça trop cher et vont rentrer chez eux, mais les autres paieront le prix qu’ils estiment juste.

Là j'ai l'impression que c'est un peu une planche à billet "illimitée" et non régulée.

C’est purement l’offre et la demande qui fixe le prix.

Par contre ce n’est pas illimité : il n’y aura toujours que 21 millions de bitcoin dans la nature. Si chacun veut le sien, alors les prix monteront, comme pour les baguettes.

Un de tes copains te l'achète ce prix puis le remet sur le marché et la d'un coup il vaut le double. En plus vu que c'est de l'art tu paies pas de taxe dessus. Du blanchiment quoi.

L’argent qui sert à acheter cet art n’est pas forcément sale, ça va dépendre de comment on le vend.
Mais dans l’idée c’est bien ça : on le vend de plus en plus cher, jusqu’à ce que, à la fin, la personne qui a le tableau n’arrive plus à le vendre car personne n’en veut, en tout cas pas au tarif de vente. Et comme personne ne vent le vendre moins cher que ce qu’il l’a acheté, ben le prix montera toujours.

Si à la fin personne n’est plus intéressé par telle ou telle pièce d’art, car elle n’est plus du tout à la mode, alors sa valeur baisse. Dans le cas de la spéculation (donc de la bourse ou du bitcoin), c’est une bulle et quand vient le monde où tout le monde renie soudainement la valeur du bitcoin ou des actions, alors la bulle explose et tout le monde perd beaucoup tout son investissement. La personne qui avait mis toutes ses économies dans les 10 000 BTC se retrouve avec 10 000 BTC qui n’ont plus aucune valeur : son investissement est perdu.

C’est pour ça qu’il faut faire attention : autant le BTC est passé de 0,0001 $ à 40 000 $ en environ 10 ans, (donc un investissement de 1$ en 2009 donne 400 000 000 $ en 2022), autant le cours peut tout à fait crasher demain, ce soir ou dans 3 semaines. Personne ne sait. Certaines cryptomonnaies ont connues ça.

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galex-713 écrit :

@vouzy : ben non, ça peut survivre sans croître infiniment, je l’ai dit. la spéculation marche pas comme le recrutement, il peut décroître aussi

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Origin écrit :

@Le Hollandais Volant :
Je n'avais pas compris que la chaîne avait une taille définie !
Je comprends bcp mieux maintenant !
Merci bcp

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Origin écrit :

Par contre il y a quand même quelque chose que je n'arrive pas à piger :
Si je te donne un euro pour une baguette de pain, ou 10 000 pour une voiture, c'est parce que tu réponds à un besoin. La production de pain ou de la voiture, répond à un besoin.
Dans le cas du bitcoin, on produit quelque chose qui ne répond à aucun besoin.
Ce n'est même pas comme dans l'art, ou un artiste va peindre une toile qui sera achetée pour satisfaire un besoin de collection, divertissement, plaisir, etc.

Alors aujourd'hui avec un bitcoin à 30k euros, oui le miner ca te rapporte de l'argent, mais au départ, il n'y avait aucun intérêt (sauf si tu faisais le pari que ca monterai un jour ?)
Je crois que j'ai simplement du mal avec le le principe de marché spéculatif ...

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Le Hollandais Volant écrit :

@Origin : Sur ce site tu peux voir toutes les cryptos, avec la quantité de pièces qui existent pour chaque (21M pour le bitcoin, par exemple) : https://coinmarketcap.com/

L’idée de départ était d’avoir une monnaie alternative.

Au début, personne ou presque n’en voulait, donc ça ne valait rien : je me souviens de cette histoire où une pizza avait été échangée contre 10 000 bitcoin.

Aujourd’hui, tout le monde en veut et les prix sont montés. La même pizza s’échangerait contre 0,0003 bitcoin.

À part ça, en effet, on attribue de la valeur à des choses qui — intrinsèquement — n’en ont absolument aucune.
Mais est-ce vraiment différent de l’euro ? du dollar ? Au fond le dollar n’est qu’un bout de papier vert, et l’euro un bout de ferraille.
À la limite, une monnaie en or pouvait servir à faire un bijou avec le métal…

Mais en dehors de ça, la monnaie est juste un moyen de se passer de troc, et de simplifier et quantifier celui-ci.

Si je cultive des pommes et toi des poires, et que je veux des poires et toi des pommes, on peut s’échanger une cagette de pomme contre une cagette de poires.
Mais si l’année d’après j’ai 10x plus de pommes et toi tu as perdu 90 % de tes poiriers, tes poires sont moins nombreuses : l’offre diminue. Et donc j’échangerais 1 de mes cagettes de pommes contre une seule poire à toi.

Maintenant s’il arrive quelqu’un avec 5 oranges, 3 kilos de noix et 2 ananas, comment on fait pour se mettre d’accord ?

C’est pour ça qu’on a créé une unité de base — la monnaie — afin de quantifier la valeur des choses, et ainsi pouvoir convertir des oranges en pommes, ou des noix en ananas sans avoir l’air complètement fou.

La monnaie ne sert qu’à ça, mais ça reste quelque chose très important. Les nations ou les états se forment en partie grâce à la confiance en une monnaie commune, et donc un moyen de faire commerce ensemble.

C’est d’ailleurs cette grande importance dans la confiance d’une monnaie, et ce qu’elle permet (cohésion d’une nation) qui fait que la contrefaçon de billets de banques est punie aussi sévèrement (30 ans de prison) : c’est une atteinte à la confiance d’une nation dans ce qui fait d’elle… une nation.

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Origin écrit :

On est exactement dans le thème de la vidéo de Bolchegeek "Le contrat social" (Je t'invite à la regarder si tu ne l'as pas vu (21:30 pour le passage sur la monnaie), et tout le reste de sa chaîne d'ailleurs c'est passionnant).

L'argent a de la valeur parce qu'on l'utilise, et on l'utilise parce qu'elle a de la valeur.


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